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Les taxis en colère, unis contre Uber en 2015

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Des chauffeurs de taxi manifestant contre Uber, en juin 2014 à Londres.

PHOTO LUKE MACGREGOR, ARCHIVES REUTERS

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Jalees ANDRABI
Agence France-Presse
NEW DELHI

De Paris à Londres et New Delhi, les chauffeurs de taxi se sont unis contre Uber en 2015, organisant ripostes judiciaires et manifestations qui ont parfois dégénéré en violences, un chauffeur étant même brièvement enlevé au Brésil.

La société californienne de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), qui a conquis ses premiers clients il y a cinq ans à San Francisco, a connu une croissance spectaculaire grâce à son application sur téléphone intelligent permettant de trouver rapidement une voiture.

Mais le succès d'Uber, présent dans 58 pays et valorisé à plus de 50 milliards de dollars, suscite la colère de ses concurrents traditionnels et la société s'est retrouvée dans le collimateur des autorités de plusieurs pays.

Uber a été accusé de manquer de rigueur dans le recrutement de ses chauffeurs après que des passagères ont été victimes d'agressions sexuelles aux États-Unis et en Inde.

Les autorités de New Delhi ont tenté d'interdire la société après le viol d'une femme par un chauffeur Uber, condamné par la suite à la perpétuité. Mais la société n'a pas respecté cette décision, au grand dam des taxis traditionnels.

Dans de nombreux pays, les taxis accusent la société de concurrence déloyale, estimant que ses chauffeurs s'affranchissent de la législation sociale.

En juin, leur mobilisation en France a donné lieu à des violences et les dirigeants d'Uber en France ont été placés en garde à vue pendant 24 heures. Ils ont décidé peu après de suspendre l'application d'UberPOP, qui permet aux particuliers de rendre payant le transport de personnes.

Les taxis, qui doivent suivre dans certains pays plusieurs centaines d'heures de formation, reprochent à Uber de déstabiliser le marché en l'ouvrant à des chauffeurs sans formation, simplement munis d'un GPS pour partir en quête de clients.

Impossible concurrence 

« Les chauffeurs de taxi sont des grandes gueules, mais ne sont pas agressifs », dit Malia, chauffeur de taxi à Paris pendant trois ans, à propos des violences en France. « Mais là ils ont des familles à nourrir, des dettes à rembourser. Ils ont été poussés à bout ».

À Londres, 1500 chauffeurs des fameux taxis noirs, les « blacks cabs », ont bloqué les rues de la capitale britannique en septembre et le maire Boris Johnson a suscité leur fureur en les accusant d'être des « Luddites », en référence à leur peu d'appétit supposé pour les nouvelles technologies.

Les « blacks cabs » passent un test très relevé pour obtenir leur licence. Ils doivent ainsi connaître par coeur les noms de toutes les rues de la capitale, une tradition remontant au XIXe siècle.

À New Delhi, les chauffeurs de taxi passent de longues heures à attendre une course dans leur vénérable Ambassador jaune et noire.

« Je n'ai pas eu de clients depuis plusieurs jours. On passe des heures à attendre des clients qui réservent Uber avant même de partir de chez eux », dit Sharad Kumar, chauffeur depuis 27 ans, installé à une station de taxis.

« Uber et les autres reçoivent des fonds d'entreprises étrangères et fournissent un service bien moins cher. On ne peut les concurrencer », dit ce quinquagénaire.

Kumar, qui gagne 15 000 roupies (220 euros) par mois, reconnaît que les taxis traditionnels doivent s'adopter aux nouvelles technologies, mais manquent de fonds pour le faire.

Simran Singh, 25 ans, illustre la nouvelle génération de chauffeur de VTC. Il a renoncé à son emploi de commercial il y a deux mois pour travailler pour Uber, utilisant sa propre voiture pour gagner environ 30 dollars par jours.

« Je n'ai commencé il y a quelques jours seulement, mais les gains sont prometteurs », dit-il.

Contre-attaque 

Uber a réagi aux attaques, mettant en avant l'impact économique global de la société, au-delà des effets sur les seuls taxis traditionnels.

« On a peu regardé l'impact d'Uber sur l'économie », a dit David Plouffe, vice-président d'Uber, en novembre à Washington, rappelant que 1,1 million de chauffeurs travaillaient pour des gains de 3,5 milliards de dollars cette année.

Uber entend en outre se défendre fermement dans toutes les procédures le visant, en particulier en Europe. En octobre, la police a perquisitionné son siège européen aux Pays-Bas, tandis qu'Uber a qualifié « d'absurdités » le projet de régulation à Londres.

La société de VTC a demandé à l'Union européenne de l'aider à obtenir la levée des interdictions visant ses services et a déposé des plaintes en Allemagne, France et Espagne.

Mais la résistance des taxis est forte dans le monde entier, comme au Brésil où des manifestations violentes ont eu lieu, un chauffeur Uber ayant été brièvement enlevé à Sao Paulo.

En Uruguay, des centaines de taxis ont bloqué l'accès à un hôtel de Montevideo pour empêcher la tenue d'une session de recrutement de la société.

« Ce sont des pirates [...] Ils ont laissé sans travail les taxis d'Espagne, d'Allemagne et du Mexique », a dénoncé le président de l'Union des chauffeurs de taxi, Oscar Dourado.




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