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Infrastructures: VIA Rail veut profiter de l'appétit des fonds de pension

VIA Rail souhaite construire son propre réseau de... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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VIA Rail souhaite construire son propre réseau de chemin de fer par le biais d'un partenariat public-privé, et ainsi bonifier la fréquence des trains de son tronçon Toronto, Ottawa et Montréal.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

VIA Rail veut profiter de l'appétit des investisseurs institutionnels comme la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) à l'endroit des infrastructures pour générer des investissements privés de 3 milliards de dollars destinés à son réseau ferroviaire.

Par l'entremise d'un partenariat public-privé, la société de la Couronne souhaite construire son propre réseau de chemin de fer et bonifier la fréquence des trains sur son tronçon de 600 kilomètres entre Toronto, Ottawa et Montréal.

«Je pense que les capitaux sont disponibles au Canada, mais ça pourrait aussi être des sociétés étrangères, a expliqué son président et chef de la direction, Yves Desjardins-Siciliano, mardi, à Montréal. Les grands régimes de retraite sont à la recherche d'investissements en infrastructures.»

Le dirigeant de VIA Rail s'exprimait en marge d'une allocution devant l'Institut de partenariat public-privé, où il est venu présenter les grands axes de sa stratégie après l'avoir fait ailleurs au pays récemment.

En plus de la CDPQ, il s'attend à ce que des institutions similaires - comme le Régime de retraite des enseignants de l'Ontario (Teachers) ou Omers - démontrent de l'intérêt à l'endroit du projet de VIA Rail.

«La conjoncture est très favorable, a estimé M. Desjardins-Siciliano. On a au Canada des grands fonds qui possèdent déjà des investissements dans des infrastructures ferroviaires à travers le monde.»

En mars dernier, la Caisse - dont l'actif s'élève à 226 milliards de dollars - avait acquis une participation de 30 % dans le service ferroviaire à grande vitesse Eurostar, le plus important opérateur international de trains à grande vitesse en Europe, pour 850 millions.

Malgré son engouement pour les infrastructures, un porte-parole de l'institution, Maxime Chagnon, a affirmé qu'il était «prématuré» de commenter, pour le moment, les propos du dirigeant de VIA Rail.

VIA Rail affirme que la cohabitation sur les lignes de chemin de fer des compagnies de transport de marchandises affecte négativement l'achalandage et que la situation ne peut plus continuer ainsi.

De 2010 à 2014, le nombre de passagers de VIA Rail est passé de 4,1 millions à 3,8 millions, alors que son déficit a atteint 317,1 millions de dollars. La perte devrait être similaire pour l'exercice en cours, selon son dirigeant.

«Le tronçon Toronto, Ottawa et Montréal représente un peu plus de la moitié du déficit de VIA Rail, a expliqué M. Desjardins-Siciliano. Cela serait éliminé en moins de six ans à compter du (déploiement de la stratégie).»

D'après lui, l'achalandage pourrait tripler si VIA Rail parvient à doubler la fréquence des trains de passagers sur le tronçon Toronto, Ottawa et Montréal.

M. Desjardins-Siciliano a fait remarquer qu'il y avait déjà un engouement pour le transport ferroviaire passager régional dans les grands centres urbains en raison des travailleurs qui ont recours au train pour se rendre au travail depuis les banlieues.

«Les Canadiens sont déjà habitués à prendre le train pour travailler, a-t-il analysé. Il ne reste qu'un pas à franchir pour réaliser un voyage intercité. Il nous faut la capacité de rouler en plus de la fréquence.»

Sur les 3 milliards que désire obtenir VIA Rail, environ 2 milliards seraient destinés au réseau ferroviaire. Le reste du montant servirait entre autres à acheter du matériel roulant.

Au cours des prochains mois, la société de la Couronne compte rencontrer des intervenants pour proposer, d'ici le début de 2016, divers scénarios à son actionnaire principal - le gouvernement fédéral.

Peu importe le résultat de la prochaine élection fédérale, M. Desjardins-Siciliano ne s'attend pas à voir le ton des discussions changer entre VIA Rail et Ottawa.

«Je pense que l'actionnaire a l'intérêt collectif en tête, a-t-il dit. Notre rôle, c'est de trouver des moyens pour réduire le déficit. Peu importe le contexte, l'actionnaire devrait être ouvert à considérer d'autres options.»

Au cours de son allocution, le patron de VIA Rail a rappelé que les contribuables défrayaient actuellement 53 % du prix du billet pour chaque passager qui voyage avec la société de la Couronne.




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