La barrière linguistique contribue à un accident sur le fleuve

Le vraquier Heloise faisait route de Thunder Bay... (Photo d'archives, La Presse)

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Le vraquier Heloise faisait route de Thunder Bay en direction de la Turquie. Il a été impliqué dans un accident dans le port de Montréal le 3 août 2013.

Photo d'archives, La Presse

La barrière de la langue entre un pilote du Saint-Laurent et un équipage chinois a contribué à un accrochage entre deux navires dans le port de Montréal le 3 août 2013.

La présence d'un grand nombre de bateaux de plaisance ce soir-là liée à un spectacle de feux d'artifice à l'île Sainte-Hélène a également joué un rôle dans l'incident. Celui-ci n'a fait aucun blessé, mais il a envoyé un remorqueur en cale sèche pour réparer les dégâts.

C'est ce que constate le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BSTC) dans un rapport rendu public hier.

«Comme le démontre l'événement à l'étude [...], les barrières linguistiques à bord de navires immatriculés à l'étranger peuvent encore être problématiques», indique le BSTC dans un rapport de 24 pages.

Le vraquier Heloise faisait route de Thunder Bay en direction de la Turquie. À l'écluse de Saint-Lambert, un pilote de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent central a pris la relève d'un pilote de l'Administration de pilotage des Grands Lacs. Avant de quitter le navire, ce dernier a averti le pilote du Saint-Laurent que «la communication était difficile avec les membres de l'équipe à la passerelle en raison de leur faible maîtrise de l'anglais».

Le nouveau pilote a rapidement expérimenté des problèmes de communication. Devant le nombre élevé de bateaux de plaisance dans le chenal principal, il a demandé à l'équipage d'allumer les lumières de pont pour rendre le navire plus visible, mais il lui a fallu répéter l'ordre à plusieurs reprises avant qu'il soit respecté. Il a aussi ordonné qu'un membre de l'équipage se place à l'avant sur le pont pour surveiller le secteur, mais sans succès.

Le pilote a alors tenté de surveiller seul les bateaux de plaisance. Lorsque l'un d'eux, qui venait dans sa direction, a disparu de sa ligne de vue, le pilote a modifié le cap de l'Heloise pour l'éviter. Or, ce faisant, il a perdu de vue le remorqueur Ocean Georgie Bain, qui était de l'autre côté.

«Un crissement s'est fait entendre, relate le rapport du BSTC. L'étrave à bulbe du Heloise a heurté la hanche tribord du remorqueur, et l'ancre bâbord a brisé les fenêtres de passerelle du remorqueur.»

Le BSTC note que le capitaine de l'Ocean Georgie Bain avait choisi de naviguer en utilisant les repères visuels. Le radar n'était pas en marche et le système électronique de visualisation des cartes marines n'a pas été utilisé.

«Lorsque toutes les ressources disponibles pour garantir la sécurité de la navigation ne sont pas utilisées, il est possible de ne pas détecter des navires à proximité et des abordages peuvent se produire», indique le BSTC.

Toutefois, le Bureau a davantage mis l'accent sur la barrière de la langue.

«La communication avec l'équipage étant minimale et la perception du pilote étant que l'équipe à la passerelle ne pouvait pas l'aider, le pilote a assumé la quasi-totalité des responsabilités liées à navigation, y compris la vigie, écrit le BSTC. Cette situation a entraîné une augmentation de la charge de travail mental du pilote, qui l'a amené à se concentrer sur l'embarcation de plaisance aux dépens de la surveillance de l'Ocean Georgie Bain

En 2014, le Bureau a effectué un sondage auprès des pilotes maritimes canadiens au sujet des barrières linguistiques. Pas moins de 54% des pilotes sondés ont affirmé que ces barrières compliquaient «parfois» les communications avec le capitaine et l'officier de quart, et 17% ont déclaré qu'ils avaient «souvent» de la difficulté à communiquer avec ces membres d'équipages.




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