Le gouvernement allemand a jugé vendredi incompréhensibles des menaces implicites du groupe aéronautique EADS de renoncer à l'aide financière que lui doit Berlin et de réduire la charge de travail en Allemagne.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Un bras de fer oppose depuis plus d'un an le géant industriel à la première économie européenne. L'Allemagne refuse de verser quelque 600 millions d'euros (793 millions de dollars) d'aide au développement du nouveau modèle d'Airbus, le long-courier A350, qui selon EADS lui sont dus aux termes d'un accord signé en 2010, si Airbus ne transfère pas plus de charge de travail sur son territoire.

Les dirigeants d'EADS, maison mère d'Airbus, qui viennent d'obtenir une réduction du poids des États dans leur gouvernance, refusent et répètent qu'ils ne se laisseront pas dicter leurs décisions industrielles.

Les autres pays où Airbus construit ses avions --France, Grande-Bretagne et Espagne-- ont eux versé l'aide au développement, qu'Airbus rembourse après le succès de l'appareil.

Selon des sources industrielles, confirmant les informations du quotidien allemand Die Welt, EADS a rappelé récemment aux Länder allemands où Airbus est implanté --Brème, Hambourg, Basse-Saxe et Bavière-- qu'emploi et soutien financier étaient liés, laissant entendre qu'il pourrait réduire la charge de travail chez eux si Berlin ne versait pas l'aide promise.

D'après Die Welt, l'Allemagne doit 34% des aides au développement de l'A350 mais n'en a versé que 15%, ce qui veut dire qu'Airbus devra réduire la part de travail des sites de production allemands.

Après avoir fait sans résultats de nouvelles propositions en mai en en juillet, le groupe durcit sa position et ne se sent pas tenu de poursuivre les discussions, explique-t-on de source industrielle.

Un porte-parole du ministère allemand de l'Économie a assuré que les discussions en cours avaient conduit «à un net rapprochement des positions». «C'est pourquoi la décision annoncée par Airbus est incompréhensible» a déclaré le porte-parole Holger Schlienkamp. «Nous sommes convaincus qu'une solution constructive reste possible».

«Airbus s'est engagé à renforcer les capacités de recherche et de développement en Allemagne. Le gouvernement attend des propositions concrètes et leur mise en application», a-t-il dit.

Un porte-parole d'EADS s'est contenté de «confirmer que la compagnie avait rempli ses obligations contractuelles» se refusant à tout autre commentaire.