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CSeries: en route vers le premier vol

Bombardier n'avait qu'un centre d'essais en vol pour tous ses appareils, tant... (Photo Archives Reuters)

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Bombardier n'avait qu'un centre d'essais en vol pour tous ses appareils, tant ses avions commerciaux que ses avions d'affaires. Il est situé à Wichita, au Kansas.

Pour la CSeries, Bombardier a décidé d'investir dans un tout nouveau centre d'essais en vol à Mirabel.

«Nous avons beaucoup investi, nous avons installé des outils de télémétrie, nous avons des salles pour recevoir l'information en direct, nous avons une armée d'ingénieurs d'essais en vol sur place», déclare Sébastien Mullot, directeur du programme de la CSeries chez Bombardier.

Au cours des dernières semaines, le centre d'essais en vol a fonctionné sept jours sur sept pour faire en sorte que le CS100, le plus petit membre de la famille de la CSeries, fasse son premier vol avant la fin du mois de juin, comme promis.

LES 11 ÉTAPES DES ESSAIS

1. Au début du mois de juin, l'équipe d'essais en vol prend possession du premier avion d'essai, l'appareil 50 001. «Je suis sûr qu'ils ont dû passer de 15 à 20 minutes à regarder l'avion et à dire: «Oh, il est beau», lance M. Mullot. Mais très vite, ils se sont mis au travail.»

2. L'équipe d'essais en vol suspend l'appareil en utilisant des points d'attache préétablis sur les ailes et les moteurs et procède à des essais de vibration. «Il s'agit de détecter des risques potentiels de flottement aéroélastique, afin de s'assurer que les modèles que nous avons utilisés pour l'éviter sont valides.» Le flottement aéroélastique est un phénomène de vibration qui peut entraîner la destruction de l'avion.

3. L'équipe procède à un programme d'essais préliminaire qui consiste à allumer chacun des systèmes de l'appareil, l'un après l'autre, jusqu'à ce que tous les systèmes soient allumés en même temps. «Nous avons déjà réalisé ce programme sur notre Avion zéro, note M. Mullot. C'est une répétition pour s'assurer que les différents systèmes fonctionnent comme anticipé.» L'Avion zéro, ou «oiseau de fer», est un banc d'essai en forme d'avion destiné à tester tous les systèmes de la CSeries.

4. L'équipe mène une simulation au sol de conditions en vol en installant l'appareil sur des vérins. Un ordinateur simule les conditions de vol. «Ça valide que le comportement de l'avion correspond à ce qui était anticipé, indique M. Mullot. Nous l'avons aussi fait sur l'Avion zéro, en utilisant un modèle de simulation conçu à partir des essais en soufflerie.»

5. L'avion 50 001 mène des tests de roulage à basse vitesse, soit jusqu'à 60 km/h.

6. Les autorités de certification inspectent l'appareil pour donner le feu vert à la poursuite des essais. «Les autorités sont impliquées depuis très longtemps, elles ont accès à toute l'information, note M. Mullot. On leur soumet une demande d'autorisation bien avant qu'elles ne viennent voir l'appareil.»

7. Le premier avion d'essai de la CSeries fait des tests de roulage à haute vitesse.

8. Le pilote procède à des tests de freinage. «On porte l'avion à une vitesse de décollage et on l'interrompt pour faire le freinage», indique M. Mullot.

9. Il appartient au pilote de prendre la décision de faire le premier vol. Il peut poser des questions aux ingénieurs à n'importe quel moment et demander des essais supplémentaires. «Il est le seul maître à bord», affirme M. Mullot.

10. Une bonne météo est essentielle pour le premier vol parce que les équipes au sol et une équipe à bord d'un avion d'accompagnement, un Global 5000, doivent faire un suivi visuel du vol. Le premier vol ne peut pas avoir lieu s'il pleut, si le plafond nuageux est bas ou s'il vente fort. «Il faut que l'équipage se concentre sur le comportement de l'avion lui-même.»

11. Les essais se poursuivront pendant plusieurs mois. Le CS100, appareil de 110 places, devrait obtenir sa certification et entrer en service au milieu de l'année 2014. Le CS300, de 135 places, devrait suivre un an après.

EN DÉTAILS...

> Équipage pour le premier vol: le chef pilote, un deuxième pilote d'essai et un ingénieur d'essais à bord.

> Le centre d'essais en vol de Mirabel compte environ 300 employés.

> Environ 2000 employés de Bombardier travaillent à la CSeries, essentiellement des ingénieurs de développement et des assembleurs.

> La flotte d'essai comprendra cinq appareils CS100 et deux appareils CS300.

> La conception de la CSeries aura coûté 3,4 milliards de dollars.

***

Une réalisation internationale

Des fournisseurs d'Amérique, d'Europe et d'Asie fabriquent des composants importants de la CSeries. Ils expédient ces gros morceaux par camion, train, bateau ou avion à Mirabel, où les employés de Bombardier les assemblent comme un gros Meccano.

1. Cabine de pilotage

Bombardier. Construite à Saint-Laurent, au Canada

2. Fuselage central

AVIC Shenyang Aircraft Corporation. Construit à Shenyang, en Chine

3. Aile

Bombardier. Construite à Belfast, en Irlande du Nord

4. Bords d'attaque

Sonaca. Entreprise belge

5. Moteurs

Pratt&Whitney, entreprise américaine. Assemblés à Mirabel, au Canada

6. Pylônes

Spirit Aerosystems. Entreprise américaine

7. Trains d'atterrissage

Liebherr, entreprise allemande. Assemblés à Laval, au Canada

8. Pneus

Michelin. Entreprise française

9. Intérieurs

C&D Zodiac, entreprise américaine. Assemblés à Kirkland, au Canada

10. Fuselage arrière

Bombardier. Construit à Saint-Laurent, au Canada

11. Stabilisateurs horizontal et vertical

Alenia Aeronautica. Entreprise italienne

12. Cône de queue

Aernnova. Entreprise espagnole

***

La CSeries dans le temps

8 septembre 1998 : Présentation du BRJ-X, ancêtre de la CSeries, au salon aéronautique de Farnborough. L'appareil devrait avoir des rangées de 5 sièges et compter de 100 à 115 places.

28 novembre 2000 : Abandon du BRJ-X. Bombardier ne veut pas affronter directement Boeing et Airbus et décide plutôt d'allonger le biréacteur régional CRJ700.

19 juillet 2004 : Présentation de la CSeries à Farnborough. La famille devrait comprendre deux membres: un appareil de 110 places et un avion de 130 places. Le premier devrait entrer en service en 2010.

15 mars 2005 : Le conseil d'administration de Bombardier donne le feu vert à la CSeries en accordant à l'entreprise la permission d'offrir l'appareil aux clients potentiels.

12 juin 2005 : Annonce de la sélection du moteur qui propulsera la CSeries, celui de Pratt&Whitney Canada, au salon aéronautique du Bourget. Annonce également du choix de Mirabel comme lieu d'assemblage.

31 janvier 2006 : Mise sur la glace de la CSeries. Les conditions de marché ne sont pas favorables, les clients ne sont pas au rendez-vous.

22 février 2008 : Le conseil d'administration de Bombardier donne à l'entreprise la permission d'offrir la nouvelle CSeries aux clients potentiels.

13 juillet 2008 : Lancement de la nouvelle CSeries au salon du Bourget. Bombardier choisit un nouveau moteur de Pratt&Whitney, la turbosoufflante à réducteur, pour propulser la famille d'appareils. Lufthansa est le client de lancement.

15 septembre 2009 : Première pelletée de terre du complexe de la CSeries à Mirabel.

7 mars 2013 : Dévoilement du premier appareil de la CSeries à Mirabel. Bombardier offrira une version à haute densité de l'avion, pouvant transporter 160 passagers.




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