La récente envolée de l'action d'Air Canada (T.AC.B) a fait un pas en arrière lundi, après que le transporteur aérien eut affiché ses résultats financiers du premier trimestre, que les investisseurs ont jugés décevants.

Ross Marowits LA PRESSE CANADIENNE

Le titre d'Air Canada a cédé lundi 38 cents, soit 12,7 %, pour clôturer à 2,62 $ à la Bourse de Toronto. La perte trimestrielle du transporteur s'est avérée plus importante que celle attendue par les analystes, notamment en raison des coûts liés aux conditions hivernales plus difficiles.

L'action connaissait une bonne séquence ces derniers temps. Elle s'était écartée du creux de 82 cents touché l'an dernier pour atteindre un sommet de 3,40 $ plus tôt en avril.

Le plus grand transporteur aérien au Canada a dit s'attendre à perdre 260 millions de dollars pour son premier trimestre, comparativement à une perte de 274 millions de dollars pour la même période un an plus tôt.

La perte ajustée pour exclure les éléments non récurrents s'est chiffrée à 143 millions de dollars, comparativement à une perte de 162 millions de dollars au premier trimestre de 2012.

Les analystes misaient sur une perte ajustée de 120,4 millions de dollars, ou 40 cents par action, à partir de revenus de trois milliards de dollars, d'après les chiffres recueillis par Thomson Reuters.

L'analyste Chris Murray, de la firme PI Financial, a estimé que les résultats étaient un peu «légers», mais selon lui, ils ne justifient pas le plongeon de l'action.

«Je crois que le désinvestissement a été beaucoup trop prononcé compte tenu des chiffres qu'ils ont dévoilés», a-t-il expliqué lors d'un entretien.

David Tyerman, de Canaccord Genuity, a noté que la forte dette d'Air Canada et les imposantes obligations liées à son régime de retraite amplifiaient les réactions aux nouvelles sur le transporteur, qu'elles soient bonnes ou mauvaises.

Même si les résultats dévoilés lundi étaient plus conformes à ses propres attentes, M. Tyerman a estimé que les investisseurs étaient peut-être inquiets de l'impact des plans de croissance de capacité sur les revenus et les rendements.

Air Canada a indiqué avoir publié son rapport préliminaire avant ses résultats complets, qui suivront le 3 mai, pour se conformer aux obligations en vertu des lois canadiennes sur les valeurs mobilières, alors qu'elle étudie diverses options en vue d'un financement par emprunt.

Le transporteur n'a pas précisé quelles options étaient étudiées.

Air Canada estime que sa dette nette ajustée s'établissait à 3,987 milliards de dollars à la fin mars, soit 246 millions de dollars de moins qu'un an plus tôt.

La dette nette ajustée comprend les contrats de location-financement et la dette à long terme, auxquels on soustrait la valeur de la trésorerie, des équivalents de trésorerie et des placements à court terme.

Air Canada a dû afficher à son plus récent trimestre une charge d'environ 10 millions de dollars liée aux annulations de vols et autres retards causés par les conditions météorologiques particulièrement mauvaises.

Une plus importante proportion de passagers d'agrément par rapport aux passagers d'affaires - conséquence de l'arrivée plus hâtive du congé de Pâques - a aussi influencé les résultats.

Air Canada a révisé ses perspectives d'avenir et s'attend maintenant à ce que ses charges opérationnelles par sièges-milles offerts ajustés s'améliorent davantage que prévu au cours de l'exercice, d'après la meilleure performance que prévu du premier trimestre.

La perte d'exploitation du premier trimestre sera d'environ 106 millions de dollars, comparativement à 91 millions de dollars un an plus tôt, tandis que le bénéfice avant intérêts, impôts, dotation aux amortissements et aux pertes de valeur et location d'avions devrait reculer de 29 millions de dollars à 145 millions de dollars.

Le transporteur croit toujours que sa capacité progressera en 2013. Il estime que ses sièges-milles offerts prendront entre 1,5 et 2,5 % sur l'ensemble de son réseau, tandis que sa capacité au Canada devrait progresser d'entre 0,5 et 1,5 %.