VIA Rail rajustera ses fréquences et éliminera 200 postes, soit 9% de ses effectifs. À Montréal, ce sont 27 postes qui disparaîtront.

Marie Tison LA PRESSE

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Le président et chef de la direction de VIA Rail, Marc Laliberté, a affirmé que ce rajustement n'était pas lié aux compressions de 6,4% imposées par le ministre des Finances, Jim Flaherty, dans son dernier budget.

«Nous prenons ces décisions parce qu'elles ont du bon sens, a-t-il déclaré au cours d'une entrevue téléphonique avec La Presse Affaires. Elles font partie de notre plan stratégique: nous essayons d'ajuster l'offre à la demande.»

Il a expliqué que VIA Rail diminuera la fréquence sur les liaisons en perte de vitesse, ce qui permettra de libérer du matériel roulant pour des liaisons en pleine croissance.

«C'est une bonne décision d'affaires, nous devrions avoir de bons résultats, a déclaré M. Laliberté. Tant mieux si ça nous aide à respecter les objectifs que le gouvernement a fixés à tout le monde.»

VIA Rail a ainsi décidé de réduire de moitié la fréquence de L'Océan, un train qui relie Montréal à Halifax. À l'heure actuelle, L'Océan fait six allers-retours par semaine. À partir de novembre prochain, il ne fera plus que trois allers-retours.

M. Laliberté a affirmé que la clientèle avait constamment diminué sur cette liaison au cours des 15 dernières années.

«C'est sans doute dû au fait que les autoroutes sont meilleures et que les connexions aériennes sont plus faciles», a-t-il déclaré.

VIA Rail éliminera également un aller-retour sur le trajet Montréal-Ottawa, mais le samedi seulement.

Dans l'ouest du pays, le plus grand changement portera sur Le Canadien, entre Toronto et Vancouver. La liaison est en pleine croissance en été, mais connaît une forte diminution de clientèle l'hiver. VIA Rail diminuera donc la fréquence en hiver: il n'y aura plus que deux allers-retours par semaine, au lieu de trois.

La diminution du nombre de trains dans l'est du pays aura des conséquences importantes sur le centre d'entretien de Montréal: 25 postes y seront abolis. VIA Rail abolira également deux postes au centre d'appels de Montréal.

L'attrition pourrait cependant permettre de réduire le nombre de licenciements. M. Laliberté a fait remarquer que, depuis trois ans, le taux annuel d'attrition de VIA Rail tournait autour de 8%. Les retraites représentent plus de la moitié de ces départs.

M. Laliberté a souligné que si VIA Rail diminuait certaines fréquences, elle n'éliminait aucune liaison. Elle conserve notamment des liaisons jugées essentielles, comme Montréal-Senneterre et Montréal-Jonquière.

La société ferroviaire a récemment augmenté la fréquence dans le triangle Montréal-Ottawa-Toronto, avec l'ajout notamment de services express. En outre, elle entend ajouter une fréquence sur le trajet Montréal-Québec plus tard cette année.