Le développement du Nord représente une occasion de croissance pour Aéroports de Montréal (ADM).

Marie Tison LA PRESSE

L'organisme veut proposer ses services pour exploiter les aéroports du nord de la province. Il pourrait par la suite élargir son offre aux aéroports canadiens, puis aux aéroports étrangers.

À l'heure actuelle, ADM effectue du travail à l'étranger, mais il s'agit essentiellement de mandats spécifiques, comme le déneigement des pistes et le déglaçage des avions.

«Par l'entremise de notre filiale ADM Services aéroportuaires, nous avons commencé à commercialiser notre savoir-faire en matière d'exploitation et de développement aéroportuaires, a déclaré le président-directeur général d'ADM, James Cherry, dans un discours prononcé devant la chambre de commerce du Montréal métropolitain hier. Nous sommes encore à l'étape exploratoire. De fait, nous poursuivons actuellement plusieurs possibilités d'affaires très intéressantes, le plus souvent en partenariat avec d'autres entreprises.»

Il a indiqué qu'il y avait beaucoup de concurrence dans le domaine de la gestion d'aéroports dans le monde, mais qu'il s'agissait quand même d'un marché prometteur pour ADM.

«Juste au Canada, il y aura notamment des aéroports à construire et à exploiter pour appuyer le développement, surtout au Nord», a-t-il affirmé.

Pas d'achat d'aéroports

En entrevue avec les médias après le déjeuner-conférence, M. Cherry a indiqué que la plupart des aéroports qui pourraient bénéficier de l'expertise d'ADM appartiennent au gouvernement fédéral ou au gouvernement québécois. Il a précisé qu'ADM n'avait pas l'intention d'utiliser ses propres capitaux pour acquérir des aéroports.

«Nous avons été approchés par des banques, des institutions financières, a-t-il déclaré. Ils ont l'argent, mais ils n'ont pas l'expertise. Ils veulent former des partenariats.»

Il a indiqué que le partenariat conclu entre l'Autorité aéroportuaire de Vancouver et le Citi Infrastructure Investors, filiale du géant financier Citi, constituait un modèle pour ADM.

Dans son discours, M. Cherry a indiqué qu'ADM voulait générer des revenus d'appoint, mais aussi offrir des occasions de développement et d'avancement à ses employés.

«Je tiens à souligner que nos employés sont très enthousiastes par rapport à tout cela et que nos cols blancs ont accepté récemment des modifications majeures à leur convention collective pour permettre à certains de travailler sur des mandats externes», a-t-il déclaré.

Navette aéroportuaire

M. Cherry a profité de son passage à la chambre de commerce du Montréal métropolitain pour présenter son projet de navette aéroportuaire vers le centre-ville, un train électrique léger qui emprunterait une voie surélevée et qui éviterait donc les voies du CN ou du CP.

Deux services emprunteraient la même voie: un train express qui desservirait exclusivement l'aéroport, un autre qui desservirait l'ouest de l'île de Montréal. La voie se rendrait jusqu'au centre commercial Fairview, à Pointe-Claire, un secteur populeux mal servi par les trains de banlieue actuels.

Selon M. Cherry, un tel système serait coûteux, mais pas énormément plus que le projet de navette ferroviaire qui devait emprunter les voies du CN ou du CP. En fait, ce projet initial nécessitait l'ajout de voies dédiées pour la navette aéroportuaire, ce qui aurait nécessité l'élargissement de viaducs et la construction de ponts supplémentaires.

«C'était trop compliqué, trop dispendieux, trop coûteux à exploiter», a-t-il affirmé.

Prêt à attendre

ADM a réussi à convaincre la Société des transports de Montréal, mais pas encore l'Agence métropolitaine des transports et le ministère des Transports du Québec.

«Le ministre a reçu notre présentation, il a trouvé ça intéressant, mais il a déjà lancé des contrats en ingénierie pour évaluer le projet de train de l'Ouest», a déclaré M. Cherry.

Comme le gouvernement a entrepris d'étudier le projet initial, il serait prématuré de changer son fusil d'épaule avant d'avoir les résultats de cette évaluation. Ce délai n'inquiète pas M. Cherry.

«On a déjà attendu quelques années, je peux bien attendre quelques mois», a-t-il déclaré.