La compagnie aérienne American Airlines et sa maison-mère, le holding AMR (AMR), ont annoncé jeudi avoir deposé leur bilan, tout en assurant que la continuité de ses opérations était pour l'heure assurée grâce à une trésorerie disponible de 4,1 milliards de dollars.

Dans un communiqué, le transporteur a expliqué que la réorganisation qui va être désormais engagée, comme le permet le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, allait lui permettre d'abaisser durablement ses coûts de fonctionnement, notamment en matière salariale.

American Airlines se targuait encore le mois dernier d'être l'une des rares grandes compagnies américaines à ne pas avoir récemment déposé le bilan.

Le marché estimait pourtant depuis longtemps que le groupe pourrait être contraint à une telle extrémité, faute de n'avoir pu obtenir de ses pilotes des concessions salariales suffisantes pour redresser ses comptes.

Les pilotes d'American Airlines estiment de leur côté avoir assez donné, en consentant d'importants sacrifices financiers lors d'une précédente crise, en 2003, lorsque le groupe était alors le numéro un mondial du secteur.

«Nous devons nous attaquer à notre structure de coûts, y compris nos coûts salariaux», a expliqué Thomas Horton, jusqu'ici directeur financier d'American et qui sera chargé d'en piloter le redressement après l'éviction du PDG Gerard Arpey, un «historique» d'un groupe où il était entré il y a trente ans.

«Notre très substantiel handicap en matière de coûts, en comparaison de nos grands concurrents --qui ont tous pu restructurer leur dette et leurs coûts sous la protection de l'article 11 de la loi sur les faillites-- est devenu progressivement intenable», avec l'intensification de la crise économique, a souligné M. Horton, cité dans le communiqué.

Au troisième trimestre, AMR, la maison-mère cotée en Bourse du transporteur, avait enregistré une perte nette plus accusée que prévu de 162 millions de dollars, en partie du fait de la hausse du prix des carburants. C'était son quatrième trimestre consécutif «dans le rouge».

American Airlines a assuré qu'il poursuivrait ses services normalement et que ses clients continueraient à recevoir les services auxquels ils sont habitués. Pendant la période de restructuration sous contrôle judiciaire qui va s'ouvrir, «nos clients restent notre priorité numéro un», a-t-il dit.

Le groupe, qui a massivement investi pour renouveler sa flotte, ne dit toutefois rien du devenir de la commande géante de 460 moyens courriers (260 Airbus A320 et 200 Boeing 737) annoncée en juillet. Il mentionne simplement que ses fournisseurs seront payés «entièrement et à l'heure dite» grâce à l'abondante trésorerie dont dispose encore l'entreprise.

M. Horton a fait la quasi-totalité de sa carrière chez Americain Airlines, à l'exception d'une parenthèse de quatre ans (2002-2006) chez l'opérateur téléphonique AT&T, où il était déjà directeur financier.

En bourse de New York, l'action AMR ne valait plus que 1,62 dollars lundi soir, ce qui valorisait l'ensemble du groupe à un maigre 540 millions de dollars. Le titre valait ainsi encore moins que début octobre, quand il avait devissé de 35% en une séance pour tomber à 1,95 dollar, déjà sur des rumeurs de faillite imminente.