Le transporteur Air Canada 'est entendu mardi après-midi avec le syndicat représentant ses agents de bord, prévenant du même coup une éventuelle grève qui aurait sérieusement perturbé les activités de la plus importante société aérienne au pays.

Ross Marowits LA PRESSE CANADIENNE

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a fait savoir qu'il recommanderait aux 6800 agents de bord d'Air Canada d'accepter l'entente de principe, dont la teneur ne sera rendue publique qu'après sa ratification par les syndiqués.

«Les activités se poursuivent normalement et les clients peuvent continuer d'organiser leurs voyages en toute confiance avec Air Canada», a de son côté affirmé Susan Welscheid, première vice-présidente au service à la clientèle d'Air Canada, par voie de communiqué.

En août, les agents de bord avaient rejeté massivement une précédente entente de principe négociée par le SCFP et la ligne aérienne, ce qui avait contraint les deux parties à retourner à la table de négociations. Les principales questions en litige étaient les salaires, le régime de retraite, les périodes de repos des membres des équipages de même que les conditions de travail.

Le comité de négociation du syndicat a dit croire avoir cette fois obtenu une entente qui recevra l'approbation des membres dans environ 17 jours.

«La compagnie refusait catégoriquement de nous donner ce que nous voulions, et je crois que nous avons obtenu probablement 80 pour cent de ce que réclamaient nos membres», a déclaré le président du syndicat, Jeff Taylor, en entrevue.

Le SCFP a indiqué qu'il organiserait plusieurs assemblées à l'intention de ses membres dans les villes de Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver, la semaine prochaine.

M. Taylor ne s'est pas prononcé quant à l'impact qu'aurait pu avoir sur les négociations relatives aux agents de bord le jugement que vient de rendre un arbitre fédéral quant au régime de retraite des préposés du service à la clientèle d'Air Canada.

Il a cependant estimé que l'entente obtenue au nom des agents de bord exercerait probablement une certaine pression sur les autres syndicats de la société aérienne.

Sans entente, une grève aurait pu être déclenchée tout juste après minuit, mercredi. Lundi, la ministre fédérale du Travail, Lisa Raitt, avait cependant prévenu qu'Ottawa adopterait une loi spéciale forçant le retour au travail en cas d'échec des négociations entre Air Canada et ses agents de bord.

Quelques minutes après l'annonce de l'entente, Mme Raitt s'est levée à la Chambre des communes afin de presser les travailleurs syndiqués de la ratifier.

«L'objectif de la législation évoquée hier (lundi) a été atteint, et nous sommes très heureux que le service de transport aérien pour les Canadiens sera protégé», a-t-elle déclaré.

Dans un communiqué émis par la suite, Mme Raitt a estimé que l'entente de principe permettrait de protéger des emplois et l'économie, et d'éviter une grève qui aurait causé du tort à de nombreux Canadiens.

«L'économie mondiale demeure très fragile, mais notre gouvernement s'est engagé à protéger l'économie canadienne», a dit la ministre.

«Je suis ravie qu'Air Canada et le SCFP en soient arrivés à une entente sans interruption de services pour les Canadiens, et qu'ils aient ainsi évité un arrêt de travail désastreux», a-t-elle ajouté.

Yvon Godin, porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière de travail, s'est quant à lui dit heureux qu'un accord ait été atteint sans grève.

«Cela démontre que la négociation collective fonctionne», a-t-il déclaré.

Une autre grève déclenchée en juin par les préposés du service à la clientèle de l'entreprise n'avait duré que trois jours, Mme Raitt ayant menacé de déposer un projet de loi afin de contraindre les grévistes à reprendre le travail. Les deux parties s'étaient entendues avant que la loi n'ait été adoptée.

L'entente de mardi entre Air Canada et ses employés est intervenue au terme d'un marathon de négociations qui avait commencé le 31 août en présence de deux médiateurs du ministère fédéral du Travail.

Les discussions avaient été suspendues lundi après-midi, ce qui laissait présager le pire. Air Canada avait d'ailleurs commencé à mettre en application son plan de contingence, pour s'assurer que les modifications à l'horaire se fassent de manière ordonnée si jamais une grève était déclenchée.

Les agents de bord sont sans contrat de travail depuis le 31 mars 2011.

L'annonce de l'entente a permis aux actions d'Air Canada de grimper de plus de sept pour cent à la Bourse de Toronto, où elles ont clôturé à 1,70 $, en hausse de 11 cents par rapport à leur précédent cours de clôture.