Les annonces se sont succédé à un rythme rapide du côté des entreprises du Québec, hier, au Salon aéronautique du Bourget.

Marie Tison LA PRESSE

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Bombardier a notamment annoncé en grande pompe la signature d'une entente avec Korean Air pour l'acquisition de 10 appareils CS300 de la CSeries. Ces 10 commandes fermes, d'une valeur de 600 millions de dollars US au prix courant, sont assorties de divers types d'options pour 20 appareils supplémentaires.

L'entente doit encore être finalisée, mais le président de Bombardier Avions commerciaux, Gary Scott, n'a pas caché sa satisfaction.

«Korean est un client de marque, a-t-il lancé au cours d'une conférence de presse marquée par des effets de lumière projetés sur une nouvelle maquette de la cabine de la CSeries. Il s'agit du premier client de la CSeries en Asie.»

Lundi, Bombardier avait annoncé plus discrètement une commande pour 10 appareils de la CSeries, mais comme le client n'avait pas voulu être identifié, il était difficile d'organiser un événement extraordinaire.

Le vice-président senior de Korean Air, Walter Cho, a fait valoir hier que la cabine spacieuse de la CSeries permettra aux passagers en correspondance de ne pas trop se sentir dépaysés après avoir effectué un segment de voyage dans un grand appareil, comme un A380.

La CSeries permettra à Korean de desservir un grand nombre de liaisons qui nécessitent un plus petit appareil.

«Avec la flambée des prix du carburant, l'efficacité de la CSeries est très importante pour nous», a ajouté M. Cho.

Global 8000

Bombardier Avions d'affaires a également tenu à prendre sa place au soleil en annonçant la vente de 10 biréacteurs de grand luxe Global 8000 à la firme de location suisse VistaJet. Il s'agit d'une commande de 650 millions US au prix courant.

VistaJet, qui appartient à l'homme d'affaires Thomas Flohr, a commandé jusqu'ici 81 appareils de Bombardier, pour une valeur totale de 2 milliards US.

«Chaque fois que j'achète un avion, c'est mon argent, pas l'argent d'actionnaires ou de sociétés de capital, a déclaré M. Flohr en conférence de presse. Je prends donc cette décision sérieusement.»

Il a affirmé qu'à chaque achat, il regardait ce que les concurrents offraient, surtout Gulfstream. Mais il a été séduit par le rayon d'action supérieur du Global 8000, soit 14 631 kilomètres. Cela permettra à ses clients, qui paient 12 000$US pour une heure de vol, d'effectuer des liaisons entre l'Asie, l'Amérique du Sud et l'Afrique.

CAE et Héroux-Devtek

De son côté, CAE a annoncé par voie de communiqué la vente de six simulateurs de vol à British Airways, Garuda Indonesia, Skymark, US Airways et un transporteur nord-américain qui n'a pas voulu être identifié. Il s'agit d'une récolte de 100 millions de dollars.

Héroux-Devtek a également eu une bonne nouvelle à annoncer, une entente d'une durée de sept ans, d'une valeur estimée de 70 millions, pour la fabrication du train d'atterrissage de l'avion de transport C-130J.

Le président et chef de la direction d'Héroux-Devtek, Gilles Labbé, a expliqué que son entreprise fabriquait déjà ce train d'atterrissage, mais que le contrat était renouvelé d'année en année.

«Grâce à la politique de retombées industrielles liées aux acquisitions militaires du gouvernement canadien, Lockheed Martin avait intérêt à accorder un travail à long terme, a-t-il indiqué en entrevue avec La Presse Affaires. Sans cette politique, Lockheed Martin aurait pu continuer à accorder un contrat annuel, ou même l'accorder à une entreprise d'un autre pays. Il y a plusieurs pays qui ont des politiques de retombées industrielles.»

Le vice-président du transport aérien et des programmes d'opérations spéciales de Lockheed Martin, Jim Grant, a cependant affirmé que l'entreprise n'avait pas accordé ce contrat à Héroux-Devtek en raison de la politique de retombées industrielles.

«Nous choisissons toujours la meilleure offre en matière de capacités technologiques, de performance et de prix», a-t-il affirmé.

Des dizaines d'emplois chez Alta Précision

Une PME québécoise de 70 employés, Alta Précision, n'a pas été en reste hier. Son président, Guillermo Alonso, a annoncé qu'Alta fabriquera des composants de trains d'atterrissage pour la firme suisse Liebherr-Aerospace. Ces trains équiperont la CSeries.

Le contrat permettra à Alta Précision d'embaucher de 40 à 50 nouveaux employés et de doubler la superficie de son usine d'Anjou au cours des deux prochaines années.

«Ça nous ouvre la porte aux marchés européen et brésilien parce que Liebherr fait également affaires avec Embraer et avec des avionneurs européens», a noté M. Alonso.

Ce contrat profitera également à une entreprise de Granby, ATLAS Aéronautique, qui fournira des composantes à Alta Précision.