Le train à grande vitesse Montréal-New York ne verra peut-être pas le jour avant plusieurs années, mais le délai ne sera pas imputable au manque d'intérêt des partenaires actuels du Québec aux États-Unis.

Publié le 16 nov. 2010
Richard Hétu LA PRESSE

Le ministre des Transports du Québec, Sam Hamad, a eu l'occasion hier de présenter le point de vue du gouvernement Charest sur ce projet semé d'embûches à l'occasion de l'ouverture d'une conférence de trois jours organisée à New York par la US High Speed Rail Association (USHSRA).

Il a également eu des discussions en marge de ce forum avec le ministre américain des Transports Ray LaHood, son prédécesseur Norm Mineta, nouveau partenaire du cabinet de relations publiques Hill & Knowlton, et le président du Sénat de l'État de New York, Malcolm Smith, qui sont tous d'ardents promoteurs du train à grande vitesse.

Optimiste, la USHSRA a dévoilé de son côté une carte ferroviaire prévoyant une liaison rapide Montréal-New York d'ici 2025 et une liaison Montréal-Boston d'ici 2030. Même s'il n'est pas prêt à établir de tels échéanciers, le ministre Hamad a rejeté l'idée que le train à grande vitesse entre Montréal et les grandes villes américaines du Nord-Est fait partie des projets dont la plupart des Québécois ne verront pas la réalisation.

«Il est très important d'avoir cette ambition, cette vision, et de mettre les choses en marche», a-t-il déclaré après une allocution au cours de laquelle il a présenté les trois objectifs à court terme que poursuit le gouvernement québécois dans ce dossier.

Le premier de ces objectifs vise à réduire les délais à la frontière en installant des douanes américaines à la Gare centrale. Le représentant québécois dans le dossier du train à haute vitesse, Raymond Chrétien, a entrepris des pourparlers à ce sujet avec les responsables des gouvernements canadien et américain.

«Ce n'est pas une question de mois mais de quelques années avant que cet objectif ne se réalise», a-t-il précisé, tout en déplorant l'absence d'une «politique articulée» à Ottawa en matière de train à haute vitesse.

«Nous recevons un meilleur accueil aux États-Unis», a déclaré l'ancien ambassadeur du Canada à Washington, qui accompagnait hier le ministre Hamad à New York.

Les deux autres objectifs à court terme du gouvernement québécois consistent à rétablir le service du Vermont jusqu'à Montréal et à mettre à jour les études de faisabilité des liaisons Montréal-New York et Montréal-Boston.

Paradoxalement, les résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis aideront peut-être le Québec à réaliser son projet de train à haute vitesse entre Montréal et New York. En janvier dernier, l'État de New York n'avait reçu du gouvernement fédéral que 3 millions de dollars pour construire 3,4 kilomètres au nord d'Albany sur la voie ferroviaire - l'Adirondack Express - qui mène vers Montréal.

Or les élections du 2 novembre ont porté au pouvoir des républicains qui ont promis de saborder les projets de train à haute vitesse dans leurs États respectifs. Les gouverneurs élus du Wisconsin et d'Ohio font partie de ce groupe. Et le gouverneur élu de New York, le démocrate Mario Cuomo, s'est empressé d'écrire au ministre américain des Transports pour réclamer une partie des centaines de millions de dollars auxquels les élus républicains semblent avoir tourné le dos.

«Ce sera une bonne nouvelle si Cuomo obtient plus d'argent», a reconnu le délégué général du Québec à New York, John Parisella.