Réconfort pour l'aéronautique montréalaise : l'entreprise d'entretien d'avions Aveos, descendante d'Air Canada, réduit considérablement les centaines de mises à pied qu'elle avait annoncées au début de l'année face à la mollesse de son marché.

Martin Vallières LA PRESSE

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Au centre d'entretien de l'aéroport de Dorval, où Aveos a aussi son siège social, 350 salariés ont ainsi échappé au couperet parmi les 445 mises à pied qui avaient été anticipées.

Dans toute l'entreprise, en incluant les grands ateliers de Vancouver et Winnipeg, quelque 700 salariés ont évité la mise à pied parmi les 1010 que l'on prévoyait il y a quelques mois.

Pourquoi un tel dénouement positif alors que le marché aéronautique demeure hésitant? Deux explications ressortent, selon la direction d'Aveos et l'Association des machinistes, qui représente la majeure partie des 4150 employés, dont près de la moitié sont à Montréal.

D'une part, le syndicat et Aveos ont convenu de nombreux aménagements des horaires de travail qui ont permis de réduire radicalement les mises à pied.

D'autre part, Aveos a ouvert son carnet de commandes à des clients autres que son client d'origine encore dominant, Air Canada.

En début de semaine, par exemple, Aveos a confirmé un contrat de 12 ans avec Air France pour l'entretien de moteurs de type CFM56 ainsi que des avions de type Airbus 320, 330 et 340. Une part importante de ce contrat à long terme sera réalisée au centre d'Aveos à Dorval, le seul qui fait l'entretien complet de moteurs.

Et depuis le mois d'avril, Aveos compte trois transporteurs asiatiques parmi ses nouveaux clients, dont l'important Air China (247 jets Boeing et Airbus) ainsi que Merpati Airlines, d'Indonésie.

Aveos souligne que ces nouveaux clients n'ont pas encore d'impact immédiat sur la réduction des mises à pied ; cependant, ils stabilisent le carnet de commandes dans un marché encore difficile et sont prometteurs pour le rebond du marché.

«Ces contrats obtenus malgré la récession en aviation commerciale valident notre compétitivité sur le marché de la sous-traitance en entretien parmi les transporteurs d'importance», a résumé Michael Kuhn, porte-parole d'Aveos.

Satisfaction aussi du côté syndical, malgré le contexte parfois «houleux» des derniers mois.

«Ça nous ravit de voir qu'Aveos parvient à décrocher des contrats en dehors d'Air Canada. Ça devrait accélérer le regain des heures de travail pour nos membres après le creux des derniers mois», a indiqué George Bujold, président de la section montréalaise de l'Association des machinistes.

Mais, entre-temps, a-t-il souligné, la nouvelle culture d'entreprise d'Aveos demeure difficile à assimiler.

«Depuis son détachement d'Air Canada (il y a trois ans), Aveos est davantage gérée en fonction des revenus et des profits. C'est une gestion plus «comptable»qui se préoccupe peu des effets de l'incertitude parmi les salariés et leur famille», selon M. Bujold.

Cela dit, le statut encore flou des employés d'Aveos par rapport à Air Canada pourrait se clarifier bientôt. Techniquement, ils demeurent des employés d'Air Canada «prêtés» à son ex-filiale d'entretien depuis qu'elle est devenue une entreprise autonome.

Le Conseil canadien des relations industrielles examine une demande de division de la convention collective des machinistes entre les employés d'entretien d'Aveos et ceux d'Air Canada.