Airbus et Boeing ont annoncé pour plus de 23 milliards de dollars de commandes, lundi, au premier jour du salon aéronautique de Farnborough, dont de gros contrats venant des sociétés de location d'avions, signe d'une croissance retrouvée.

Delphine Touitou et Julien Mivielle AGENCE FRANCE-PRESSE

La plus grosse commande a été signée par l'américain Boeing, qui a pris l'avantage à l'ouverture du plus important salon aéronautique de l'année, situé dans la banlieue de Londres.

La compagnie de Dubaï, Emirates, lui a acheté trente avions long-courriers 777-300 supplémentaires, pour une valeur de 9,1 milliards de dollars au prix catalogue.

Ces prix sont purement indicatifs car les compagnies aériennes obtiennent souvent de substantiels rabais, surtout lorsque la commande est importante.

Cette annonce de la compagnie émiratie n'était par ailleurs pas une véritable surprise. Dès juin, elle avait promis de nouvelles annonces à Farnborough.

Un mois auparavant à Berlin, Emirates avait donné ses faveurs à l'européen Airbus en lui commandant 32 très gros porteurs A380 pour 11,5 milliards de dollars.

Les autres commandes significatives sont venues lundi des sociétés de location d'avions, traditionnel baromètre de la santé du secteur.

GE Capital Aviation Services (GECAS) a ainsi commandé une centaine d'appareils auprès d'Airbus et Boeing, pour une valeur totale de 7,5 milliards de dollars.

GECAS, filiale du conglomérat américain General Electric, a signé pour 60 avions de la famille des moyen-courriers A320 à Airbus, un contrat estimé à 4,5 milliards de dollars.

Juste auparavant, le loueur d'avions a acheté au constructeur américain 40 exemplaires supplémentaires de son moyen-courrier B737-800, pour 3 milliards de dollars.

Autre société de «leasing» (location), la toute nouvelle Air Lease Corporation (ALC) a commandé à Airbus 20 moyen-courriers A321 et 31 A320 pour 4,4 milliards de dollars.

Son PDG, Steven Udvar-Hazy, n'est pas un inconnu puisqu'il s'agit de l'ancien patron du géant américain ILFC, la filiale de leasing de l'assureur AIG.

Il a aussi indiqué qu'il commanderait des appareils plus gros tôt ou tard. «Les long-courriers feront aussi partie de notre portefeuille», a-t-il souligné.

L'activité des sociétés de leasing «connaît une très forte reprise», a remarqué le patron d'Airbus Thomas Enders.

Ce regain d'intérêt est perçu comme une confirmation de la reprise du secteur aérien tout entier.

«On estime que le tiers du parc des appareils commerciaux en activité est contrôlé par les sociétés de location, ce qui éclaire sur l'importance de leur rôle dans la chaîne aéronautique», remarquent les analystes de la banque CM-CIC.

«Leur retour en meilleure forme est un signe supplémentaire de la solidité de l'industrie aéronautique», ajoutent-ils dans une note.

Airbus a par ailleurs finalisé l'achat de onze appareils Airbus A330-300 par la compagnie aérienne russe Aeroflot pour 2,3 milliards de dollars.

Les concurrents potentiels des deux géants de l'industrie aéronautique se sont fait pour leur part plus discrets.

Le canadien Bombardier a même suscité la déception en ne parvenant toujours pas à signer un contrat avec Qatar Airways pour son avion moyen-courrier de plus de 100 places, le CSeries.

«Nous aurions été ravis de faire une annonce lors de ce salon mais malheureusement, certains points d'achoppement n'ont pas été résolus mais cela devrait l'être bientôt», a toutefois déclaré Akbar Al Baker, le PDG de la compagnie qatarie.

La compagnie indonésienne Kartika Airlines a de son côté finalisé une commande de 30 Superjet 100 au constructeur aéronautique russe Soukhoï, pour une valeur estimée à environ 950 millions de dollars.