La colère du volcan Eyjafjallajökull n'effraie pas les voyageurs qui songent à visiter l'Europe l'été prochain.

Marie Tison LA PRESSE

Du moins, par pour l'instant.«Ce matin encore, je regardais les ventes du Canada à l'Europe et il n'y avait pas vraiment de différence par rapport à l'année dernière», a déclaré le président et chef de la direction de Transat [[|ticker sym='T.TRZ.B'|]], Jean-Marc Eustache, au cours d'une rencontre avec des journalistes hier, après avoir prononcé un discours devant la chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«Jusqu'à maintenant, il n'y a pas d'impact, mais si ça continue, nous allons avoir des problèmes.»

Le grand patron de Transat, qui peut parfois se montrer bouillant, a pris l'éruption du volcan islandais avec philosophie.

«Nous nous en tirons relativement bien, a-t-il expliqué. Nous sommes en début de saison, nous n'avons que quelques vols sur la France, la Grande-Bretagne, l'Espagne, etc. Si nous avions eu ce problème en juillet ou en août, ç'aurait été différent.»

Il a ajouté qu'il avait été possible d'aller chercher des passagers en profitant de l'ouverture temporaire de certains aéroports. Il ne resterait plus que quelques centaines de passagers bloqués de chaque côté de l'Atlantique.

M. Eustache a également fait remarquer que son industrie était habituée aux coups durs. Elle a notamment dû faire face à de graves événements perturbateurs comme les attentats du 11 septembre 2001 et la grippe A (H1N1).

«C'est une industrie extrêmement difficile, il y a des hauts et des bas, mais nous sommes habitués, a-t-il affirmé. Quand c'est fini, les gens oublient, les choses reviennent comme avant.»

Il n'a pas voulu blâmer les autorités européennes qui ont fermé l'espace aérien de certains pays pendant plusieurs jours. En Europe, certains transporteurs estiment que les autorités auraient dû prendre les moyens nécessaires pour vérifier le danger réel que posait le nuage de cendres.

«Je ne suis pas spécialiste, je ne m'aventurerai pas là-dedans.»

Transat n'a pas encore calculé l'ampleur des pertes que le volcan Eyjafjallajökull lui aura causées. Des transporteurs européens ont déjà approché les autorités pour réclamer des compensations.

«Si des autorités gouvernementales donnent des compensations et si nous avons subi des pertes et des préjudices, nous demanderons nous aussi des compensations, mais nous ne sommes pas encore là», a sereinement déclaré M. Eustache.

Le président de Transat a toutefois laissé éclater son exaspération lorsqu'est venu le temps de parler de certains thèmes qu'il avait abordés dans son discours, comme la «concurrence aussi forcenée qu'irrationnelle» d'Air Canada et WestJet sur les destinations soleil. Comme ces transporteurs ont des appareils en surplus en raison de la baisse de la demande du trafic national et transfrontalier, ils les déploient sur les destinations soleil, «avec des prix forcenés et des commissions exagérées».

Visa pour les Mexicains

M. Eustache s'est également emporté au sujet du visa que les voyageurs mexicains doivent maintenant obtenir pour mettre les pieds au Canada. Pour obtenir ce visa, les Mexicains doivent notamment fournir les originaux de leurs états de compte bancaires des six derniers mois. En un an, le nombre de visiteurs mexicains au Canada a chuté de 37%.

«On est des fous furieux, a lancé le patron de Transat. Vous voyez ce qu'on leur demande? C'est insulter les gens.»