Contrairement à ce qu'elle espérait, Bombardier Aéronautique (T.BBD.B) n'arrivera probablement pas à décrocher une nouvelle commande pour la CSeries avant la fin de son année financière, le 31 janvier prochain.

Marie Tison
Marie Tison LA PRESSE

«Il y a quelques mois, nous pensions avoir la possibilité d'aller chercher une commande additionnelle, a déclaré le président de Bombardier Avions commerciaux, Gary Scott, au cours d'une rencontre avec les médias à Dublin. Nous avons des discussions à un stade avancé avec des clients, mais il nous reste peu de temps avant le 31 janvier. Il sera difficile de conclure des ententes au cours des deux prochaines semaines.»

M. Scott a toutefois ajouté que l'entreprise était confiante de pouvoir décrocher une commande au cours du premier semestre de l'année financière, soit avant le 31 juillet 2010.

«L'intérêt porté à la CSeries demeure très élevé», a-t-il soutenu.

Jusqu'ici, deux clients ont commandé des appareils de la CSeries. Le transporteur aérien Lufthansa a commandé 30 avions et a pris des options pour 30 appareils de plus, alors que la société de location Lease Corporation International a commandé 20 avions et a pris des options sur 20 autres appareils.

«Nous traversons une période des plus difficiles, a déclaré M. Scott, tel que cité par les agences Reuters et Dow Jones. Nos clients souffrent et ne sont pas en mesure d'acquérir des appareils.»

Au cours des derniers mois, plusieurs transporteurs ont exprimé leur intérêt vis-à-vis de la CSeries, une famille d'appareils de 110 à 130 places. Les plus récents sont les sociétés américaines United Airlines et Republic Airways. Cette dernière, qui veut acquérir des appareils pour sa filiale Frontier Airlines, a notamment précisé qu'un financement d'Exportation et développement Canada (EDC) pourrait faciliter la transaction.

Qatar Airways, le transporteur mongol Eznis, le transporteur scandinave SAS, Mexicana et le transporteur colombien Avianca se sont aussi montrés intéressés.

Bombardier Aéronautique s'attend cependant à ce que les sociétés de location génèrent la moitié des ventes de la CSeries.

«Le financement des avions est un des principaux défis auxquels font face les sociétés aériennes, a déclaré M. Scott. Les banques ont restreint leurs prêts, ce qui pousse les transporteurs vers d'autres options.»

Il a indiqué que Bombardier avait mis sur pied une équipe de financement qui travaillait de concert avec les équipes de ventes et de marketing et les mettait en contact avec des sociétés de location et d'autres sociétés qui pouvaient aider au financement d'appareils.

«Les sociétés de location constituent probablement la meilleure option pour les transporteurs, parce qu'elles ont souvent un bilan plus solide et une cote de solvabilité plus élevée», a affirmé M. Scott.

Il pourrait cependant être difficile de décrocher des commandes de la part de la plus grande société de location au monde, GECAS (General Electric Capital Aviation Services). La société finance surtout des appareils qui sont motorisés par General Electric. Or, Bombardier fait plutôt affaires avec Pratt&Whitney pour les moteurs de la CSeries.

La deuxième société de location, l'américaine ILFC (International Lease Finance Corporation), a démontré son intérêt envers la CSeries, mais elle n'est pas en mesure de procéder à des acquisitions à l'heure actuelle. En décembre dernier, Moody's a rabaissé sa cote de solvabilité au rang d'obligations de pacotille. La société de cotation a expliqué que la société mère d'ILFC, l'assureur AIG (American International Group), renfloué par les fonds publics, pourrait mettre fin à son financement.

L'année dernière, AIG avait dû voler au secours d'ILFC parce que, à la suite de premières décotes, la société de location n'avait plus accès à ses sources habituelles de financement.

M. Scott a affirmé hier que Bombardier discutait présentement avec la plupart des sociétés de location dans le monde, mais il n'en a nommé qu'une, Hong Kong Aviation Corporation.