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La Banque Laurentienne accusée de manoeuvres antisyndicales

Les relations s'enveniment entre la Banque Laurentienne et le syndicat des... (PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE)

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PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Les relations s'enveniment entre la Banque Laurentienne et le syndicat des employés, qui accuse l'employeur d'avoir forcé la main à des travailleurs afin qu'ils se désyndicalisent.

Le Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB-Québec), affilié à la Fédération des travailleurs du Québec, s'est dit peu surpris qu'une requête ait été déposée jeudi auprès du Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) afin de révoquer l'accréditation syndicale.

«Ce n'est que l'aboutissement des gestes illégaux mis de l'avant par l'employeur depuis le mois de juillet», a dénoncé sa directrice générale, Kateri Lefebvre, vendredi, au cours d'un entretien téléphonique avec La Presse canadienne.

Le SEPB reproche au président et chef de la direction de la Banque Laurentienne, François Desjardins, de négocier de mauvaise foi dans le cadre de son plan visant à transformer l'institution montréalaise. Le contrat de travail des syndiqués vient à échéance le 31 décembre.

En septembre 2016, la Laurentienne avait annoncé son intention d'éliminer 300 postes - un processus qui n'est pas encore terminé - et de faire passer de 150 à 100 son réseau de succursales. Puis, au mois d'août, l'institution a indiqué que l'élimination de certains services au comptoir devrait entraîner la suppression de l'équivalent de 150 emplois additionnels à temps plein.

Avec la ferme intention de contester la requête, le SEPB, qui représente quelque 1500 employés, dit détenir des «preuves irréfutables» démontrant que l'employeur a utilisé des menaces pour forcer des syndiqués à signer des cartes de révocation.

«Des employés vont témoigner des menaces qui ont été faites, a assuré Mme Lefebvre. Des travailleurs embauchés par l'employeur pour donner des soi-disant formations profitaient de l'occasion pour faire signer des révocations en menaçant les employés.»

La directrice générale du SEPB estime que ces démarches, qui, à son avis, constituent de «l'antisyndicalisme primaire», feront en sorte que le CCRI en viendra à la conclusion que la requête est tout simplement irrecevable.

De son côté, une porte-parole de la Banque Laurentienne, Hélène Soulard, n'a pas voulu commenter la démarche entamée auprès de l'organisme fédéral.

«Nous n'allons pas commenter des allégations qu'on ne connaît pas ou que nous n'avons pas vues», a-t-elle répondu, lorsqu'interrogée sur la liste des reproches de la partie syndicale.

Selon Mme Lefebvre, des syndiqués se sont résignés à signer des cartes de révocation sous peine de représailles - pouvant même aller jusqu'à des menaces de congédiement. De nombreux membres ont par la suite décidé de signaler cette situation au SEPB, a-t-elle ajouté, qui a entrepris des démarches visant à annuler ces demandes de révocation.

D'aucune façon, estime la directrice générale du SEPB, la requête déposée auprès du CCRI démontre une insatisfaction des syndiqués à l'égard de leurs représentants.

«Au contraire, les gens veulent garder leur syndicat, a répliqué Mme Lefebvre. Ils ont tellement peur de leur employeur. Il y a une véritable campagne de peur qui a été mise de l'avant.»

Celle-ci a fait référence à la séance d'information du 24 octobre dernier qui s'est déroulée au Palais des congrès de Montréal pendant laquelle M. Desjardins a tenté de motiver ses troupes en procédant à une mise à jour de son plan de transformation.

Si le CCRI juge que la requête déposée cette semaine est recevable, cela paverait la voie à la tenue d'un vote auprès des quelque 1500 membres du SEPB afin de déterminer le sort de l'accréditation syndicale.

Mme Lefebvre estime toutefois que de nombreuses demandes de révocation seront annulées puisque plusieurs travailleurs ont signifié à leur syndicat qu'ils souhaitaient revenir sur leur décision.

Dans une note, l'analyste Darko Mihelic, qui couvre les activités de la Laurentienne pour le compte de RBC Marchés des capitaux, a souligné que le sujet risquait de faire l'objet de discussions lors de la conférence téléphonique prévue le 5 décembre avec la direction afin de discuter des résultats du quatrième trimestre.




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