Le PDG de la Laurentienne fouette les troupes

Plusieurs succursales de la Banque Laurentienne - la... (Photo Olivier Jean, Archives La Presse)

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Plusieurs succursales de la Banque Laurentienne - la seule banque syndiquée au pays - avaient fermé leurs portes plus tôt qu'en temps normal afin de permettre aux employés de se rendre au Palais des congrès de Montréal, hier après-midi, pour écouter un discours du PDG François Desjardins.

Photo Olivier Jean, Archives La Presse

Richard Dufour

Le PDG de la Banque Laurentienne a tenté de stimuler les troupes en fin de journée hier lors d'une rencontre où près d'un millier d'employés se sont déplacés au Palais des congrès de Montréal pour l'écouter.

Plusieurs succursales de la seule banque syndiquée au pays avaient fermé leurs portes plus tôt qu'en temps normal afin de permettre aux employés de se rendre sur place pour 15 h.

Durant la rencontre qui s'est étirée sur près de deux heures, François Desjardins a révélé un certain côté motivateur. À plusieurs reprises, il a répété des phrases du genre « vous êtes les meilleurs », « vous faites partie du plan », « vous faites la différence », nous a-t-on dit.

Vers la fin de son allocution, une des phrases dynamiques du PDG de 46 ans aurait même suscité des applaudissements bien sentis de la part des employés.

« Ce fut une bonne réunion. Il veut que les employés embarquent dans son plan », a dit Dominic, qui travaille aux ventes directes. « Présentement, certaines personnes ont peur pour leur job », a ajouté cet employé syndiqué.

Cette rencontre visant à discuter de l'avancement du plan stratégique survient un an après que François Desjardins a convoqué les employés au même endroit pour leur annoncer la fusion de 50 succursales, une décision qui devait engendrer une réduction de 300 postes. Le rassemblement organisé hier survient aussi à deux mois de l'échéance de la convention collective et alors que d'importantes négociations se préparent.

« François Desjardins est un homme très habile », a commenté Kateri Lefebvre, directrice exécutive du Syndicat des employés professionnels et de bureau, affilié à la FTQ, représentant environ 1600 des quelque 3500 employés de la banque.

Elle n'avait pas été invitée à assister à la rencontre, mais a tout de même pu la suivre sur l'application FaceTime. « Son discours était du réchauffé, du brainwashing de Walmart. Je suis abasourdie. Il s'est bien gardé de parler des questions de sous-traitance et de sécurité d'emploi », a-t-elle dit.

« Son message aux employés est de leur dire qu'ils font partie de la transformation, mais qu'il y a un dinosaure dans la place qui empêche la banque d'avancer. » - Kateri Lefebvre, directrice exécutive du Syndicat des employés professionnels et de bureau, affilié à la FTQ

Elle ajoute que François Desjardins a plusieurs fois fait allusion au syndicat à mots couverts durant son discours. Kateri Lefebvre soutient que le PDG a laissé entendre qu'il était en train de se préparer en fonction de ce qui pourrait peut-être arriver, une référence à un conflit de travail potentiel, croit-elle.

Le syndicat - qui est présent à la banque depuis 50 ans - affirme ne pas s'opposer à la réorganisation, mais se dit contre une modification unilatérale par l'employeur des conditions de travail.

Le syndicat soutient faire l'objet d'une « campagne agressive » de discréditation de la part de l'employeur. Selon le syndicat, les employés se font dire des choses comme « si vous ne signez pas pour renoncer au syndicat, cela nuira à votre carrière... Si vous ne signez pas, François Desjardins en sera informé... Si le syndicat est maintenu, la Banque sera dans l'obligation de fermer ses portes. Si le syndicat disparaît, on pourra augmenter votre salaire ».

MODÈLE EN ÉVOLUTION

Le réseau physique de la banque a beaucoup changé depuis quelques mois. Le modèle s'oriente sur la prestation de conseils financiers tout en invitant les clients à migrer vers des plateformes électroniques et web. Plus de 40 succursales ont été fusionnées depuis le 1er janvier.

« Notre réseau est maintenant de 104 succursales, dont 23 sont axées sur le conseil seulement. Plusieurs mesures ont été mises en place, dont des gels d'embauche, des affectations, départs à la retraite, etc. », a indiqué la vice-présidente adjointe aux communications de la banque, Hélène Soulard.

Le plan stratégique de François Desjardins a pour objectif ultime de faire passer la taille de la banque d'une quarantaine de milliards de dollars d'actifs actuellement à 70 milliards d'ici 2022.

François Desjardins n'était pas disponible pour répondre à des questions hier.




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