La banque américaine Wells Fargo, qui a ouvert deux millions de comptes factices au nom de ses clients, fait l'objet d'une enquête pénale en Californie pour vol d'identité, selon des documents transmis à l'AFP, confirmant une information du Los Angeles Times.

Mis à jour le 19 oct. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

La procureure de l'État, Kamala Harris, en campagne pour un poste de sénatrice, a demandé à la troisième banque américaine en termes d'actifs de lui faire parvenir une foultitude de documents sur les clients dont les comptes ont été ouverts sans leur autorisation, selon un mandat de perquisition daté du 5 octobre.

Les informations requises doivent comprendre les noms des clients, les frais qui ont été prélevés sur les comptes, les noms des conseillers de clientèle ayant ouvert les comptes litigieux, ceux de leurs responsables hiérarchiques ainsi que toutes les communications internes (courriels) liées à ces comptes, selon le document transmis à l'AFP par les services du procureur.

Mme Harris veut déterminer si Wells Fargo a violé les lois de l'État, notamment celles portant sur l'utilisation indue de données d'autrui. Il n'est pas certain que l'enquête aboutisse à des inculpations ou des poursuites.

A l'appui du mandat de perquisition, le ministère public produit le témoignage d'un enquêteur, qui explique avoir recueilli les témoignages de plusieurs clients de Wells Fargo.

Tous expliquent avoir découvert de manière fortuite qu'ils étaient titulaires de comptes ou de produits financiers dont ils ignoraient l'existence et dont il n'avait jamais requis ou accepté la souscription.

Pour l'enquêteur, James Hirt, il existe un faisceau d'éléments laissant penser que des employés de Wells Fargo ont utilisé illégalement le système informatique de la banque pour obtenir des informations personnelles sur des clients.

Toujours selon lui, ils se sont ensuite rendus coupables d'usurpation d'identité pour ouvrir des comptes, souscrire des cartes de crédit ou d'autres produits financiers.

Pour lui, ces éléments sont de nature à entraîner des poursuites.

Confirmant avoir bien reçu une demande d'informations, Wells Fargo a indiqué à l'AFP que c'était une simple requête. «Nous y coopérons en fournissant les informations», a déclaré un porte-parole.

Wells Fargo, dont le premier actionnaire est le milliardaire Warren Buffett, est sous les feux des projecteurs depuis septembre pour avoir ouvert entre 2011 et 2016 deux millions de comptes fictifs qui avaient permis à ses employés de toucher des primes liées à la vente de produits aux clients.

Après la découverte de ces malversations, 5300 employés avaient été licenciés et Wells Fargo a écopé d'une amende de 185 millions de dollars US.

L'affaire a conduit à la démission du PDG John Stumpf, remplacé par son bras droit Tim Sloan, qui a promis la transparence et le renforcement des procédures de contrôle et d'alerte. Une enquête interne est également en cours.

La banque, basée à San Francisco, fait l'objet d'enquêtes des ministères de la Justice et du Travail et il n'est pas exclu qu'elle soit confrontée à des plaintes d'actionnaires et de clients.

Sur le plan financier, des États américains, dont la Californie et l'Illinois, ont temporairement arrêté de faire des affaires avec elle.