Les prochains résultats financiers des banques canadiennes, qui seront dévoilés à compter d'aujourd'hui avec ceux de la Banque de Montréal (T.BMO), s'annoncent bons mais modérés après quelques trimestres de rebond à la suite de la crise financière.

Mis à jour le 24 août 2010
Martin Vallières LA PRESSE

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Si les analystes s'attendent à un repli significatif des profits bancaires liés aux marchés financiers, tel que constaté aux États-Unis, ils notent que les banques d'ici ont l'avantage d'un marché principal - l'économie canadienne - en bien meilleure posture qu'ailleurs.

«La baisse des revenus des banques provenant des marchés boursiers retiendra l'attention au cours des prochains jours. Cependant, la vraie histoire à surveiller pourrait s'avérer la force des activités principales des banques auprès des consommateurs et des entreprises au Canada», a indiqué Peter Routledge, analyste des sociétés de services financiers à la Financière Banque Nationale, dans un récent rapport à ses clients-investisseurs.

Par conséquent, les résultats des banques canadiennes au troisième trimestre devraient encore se comparer favorablement à ceux obtenus l'an dernier.

Et ce, malgré un repli attendu d'environ 40% des profits de leurs activités dans les marchés boursiers. Ces résultats sectoriels avaient été anormalement forts l'an dernier, en plein rebond après le krach allongé de l'automne 2008 jusqu'au printemps 2009.

En contrepartie, les résultats des activités de prêts des banques devraient s'avérer meilleurs que prévu lors du troisième trimestre, grâce surtout au repli continu des provisions pour pertes sur prêts non performants.

Ce repli pourrait être d'un peu plus de 20% sur une base annualisée, à un montant consolidé autour de 1,9 milliard de dollars, prévoit John Reucassel, analyste des banques et du secteur financier chez BMO Marchés des capitaux.

Cela dit, les principales banques canadiennes font aussi face à quelques vents contraires à court et moyen terme.

D'une part, la multiplication des indices d'un autre ralentissement économique en Amérique du Nord, après de brefs espoirs de reprise, risque de peser sur les prochains résultats des activités de prêts et de gestion d'épargne.

D'autre part, les banques canadiennes demeurent incertaines concernant l'impact des règles plus sévères de capitalisation qui sont attendues des superviseurs financiers, au niveau international et canadien.

Or, de ces nouvelles normes, surtout celles de «l'accord de Bâle III», dépendront les prochaines priorités d'allocation de capital par les banques canadiennes. Cela pourrait aussi affecter leur capacité de croître par des acquisitions ciblées et opportunistes, aux États-Unis surtout.

Pour les actionnaires des banques, les prochaines normes de capitalisation s'annoncent déterminantes quant à la hausse attendue du dividende trimestriel.

«Dans un contexte de reprise économique timide, la principale incertitude pour les banques canadiennes au cours des prochains trimestres s'annonce au niveau des changements réglementaires», soulignait Michael Goldberg, analyste des banques chez Valeurs mobilières Desjardins, dans un récent rapport à ses clients-investisseurs.

Malgré tout, les banques canadiennes ont déjà une longueur d'avance en matière de réserve de capitalisation sur leurs semblables en Europe et aux États-Unis.

Cet atout, selon l'analyste Michael Goldberg, devrait permettre aux banques canadiennes de se payer encore quelques acquisitions ciblées, aux États-Unis notamment.

Selon un relevé de l'agence d'informations Bloomberg, les six principales banques canadiennes ont réalisé depuis le début de cette année une dizaine d'acquisitions valant en tout quelque 1,1 milliard de dollars.

L'an dernier, ces banques avaient annoncé au moins 23 acquisitions d'une valeur totale de 2,2 milliards de dollars.

De solides bénéfices en vue

BANQUE (date d'annonce)

BMO [[|ticker sym='T.BMO'|]]

(24 août)

PROFIT NET 3e TRIM. 2010

1,21$ par action

+24% (var. un an)

PROFIT NET 2010

5,67$ par action

+84% (var. un an)

CIBC [[|ticker sym='T.CM'|]]

(25 août)

PROFIT NET 3e TRIM. 2010

1,56$ par action

+52% (var. un an)

PROFIT NET 2010

6,32$ par action

+138% (var. un an)

Banque Nationale [[|ticker sym='T.NA'|]]



(26 août)

PROFIT NET 3e TRIM. 2010

1,56$ par action

-13% (var. un an)

PROFIT NET 2010

5,76$ par action

+16% (var. un an)

RBC [[|ticker sym='T.RY'|]]

(26 août)

PROFIT NET 3e TRIM. 2010

1,07$ par action

+2% (var. un an)

PROFIT NET 2010

4,09$ par action

+59% (var. un an)

Scotia [[|ticker sym='T.BNS'|]]



(31 août)

PROFIT NET 3e TRIM. 2010

0,98$ par action

+12% (var. un an)

PROFIT NET 2010

3,93$ par action

+19% (var. un an)

TD [[|ticker sym='T.TD'|]]



(2 sept.)

PROFIT NET 3e TRIM. 2010

1,36$ par action

+18% (var. un an)

PROFIT NET 2010

5,48$ par action

+35% (var. un an)

Banque Laurentienne [[|ticker sym='T.LB'|]]

(2 sept.)

PROFIT NET 3e TRIM. 2010

1,12$ par action

+3% (var. un an)

PROFIT NET 2010

4,52$ par action

+6% (var. un an)