Le Canada a gagné une bataille importante pour empêcher qu'une taxe sur les banques ne soit appliquée à tous les pays du G20.

Mis à jour le 5 juin 2010
Julian Beltrame LA PRESSE CANADIENNE

Les ministres des Finances se sont rencontrés samedi à Pusan, en Corée du Sud. Ils ont indiqué, par voie de communiqué, que tous les pays seront libres de choisir la façon de faire face à la menace de crise financière.

La taxe sur les banques est favorisée par plusieurs pays européens et par les États-Unis. Selon eux, elle permettrait de créer un fonds dans lequel les institutions bancaires pourraient piger si elles faisaient face à des problèmes financiers.

Mais le Canada soutient que les banques canadiennes ne devraient pas être soumises à cette taxe puisqu'elles n'ont pas eu besoin d'une intervention gouvernementale lors de la crise financière.

«Il est évident que la plupart des membres du G20 n'appuient pas l'idée d'une taxation universelle», a affirmé le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, à l'issue de la rencontre.

Un principe a cependant fait l'unanimité auprès des participants, selon M. Flaherty: celui de l'imputabilité des banques. «Dans la mesure où une institution financière contribue à une crise financière, c'est elle qui devrait assumer le coût de cette contribution, et non les contribuables», a-t-il précisé.

Un peu plus tôt cette semaine, lors de son passage en Chine, M. Flaherty avait déjà qualifié cette taxe de «distraction» qui menaçait de perturber l'échéancier d'une nécessaire réforme des systèmes financiers. Les pays du G20 espèrent mettre cette dernière en place d'ici la fin de l'année.

Les participants à la réunion auront rendez-vous à Toronto, les 26 et 27 juin prochain. Dans l'expectative de cette rencontre, ils ont établi trois priorités: mettre en oeuvre un cadre de travail pour favoriser une croissance économique mondiale durable, renforcer les institutions financières internationales et compléter les réformes du système financier. Suivant celles-ci, une augmentation du capital requis et une diminution des risques encourus seraient imposés aux banques.

L'instabilité boursière engendrée par la crise du crédit européenne a également fait l'objet de discussions entre les ministres du G20. «Les pays ayant de sérieux problèmes fiscaux doivent accélérer le rythme de leur consolidation», lit-on dans le communiqué de Pusan.

M. Flaherty a reconnu que tous les pays faisaient face à des circonstances différentes, mais doivent trouver leur propre mécanisme pour gérer les crises futures.

Les pays comme Grande-Bretagne, l'Allemagne, la France et les États-Unis, qui ont dû puiser dans les fonds publics pour sauver leurs banques en déroute, exercent d'importantes pressions en vue de l'instauration d'une taxe bancaire. Or, si une telle taxe voit le jour, elle devra être appliquée dans toutes les juridictions, selon les partisans de cette taxe. Autrement, les banques des pays non-taxés auraient un avantage concurrentiel sur les autres.

Le Canada, de son côté, propose un système selon lequel les banques émettraient des obligations qui pourraient ensuite être converties en action d'une valeur équivalente avec l'aval d'un chargé de la réglementation fédéral. Les banques pourraient ainsi se recapitaliser.