La Banque Laurentienne (t.lb) est à l'affût d'acquisitions, espérant ainsi profiter des difficultés de certains concurrents de services financiers.

Martin Vallières
Martin Vallières LA PRESSE

D'autant plus que ses plus récents résultats, publiés hier pour son deuxième trimestre 2009, demeurent pas trop amochés par la mauvaise conjoncture économique et financière.

Aussi, son bilan intérimaire montre une réserve de 3,8 milliards de dollars en actifs à court terme - liquidités, placements négociables - qui pourrait être mobilisée en partie pour appuyer des transactions opportunistes. «Nous sommes à l'affût d'occasions d'acquisitions, d'autant que le climat est un peu propice. Il y a des compagnies (de services financiers) qui sont en manque de liquidités et qui cherchent à délester certains actifs», a indiqué Réjean Robitaille, président et chef de la direction de la Banque Laurentienne, lors d'un entretien avec La Presse Affaires.

 

«Si des occasions se présentent et qu'elles cadrent avec notre plan d'affaires, on va définitivement les regarder.»

Et quels types d'actifs financiers intéresseraient le plus la deuxième banque québécoise en importance? «Notre priorité demeure la croissance des activités où nous avons déjà un avantage comparatif, plutôt que de chercher à se diversifier, a souligné M. Robitaille.

«Ces créneaux avantageux, c'est notre réseau de succursales de services aux PME et aux particuliers au Québec, notre filiale d'intermédiation financière (B2B Trust) et nos activités de financement immobilier à la grandeur du Canada.»

Occasions d'affaires

À ce titre, d'ailleurs, la Laurentienne a 40% de son actif total de prêts (14,6 milliards au 30 avril) qui provient de clients du Canada hors Québec.

«Avec la crise financière, il y a des joueurs qui se sont retirés de certains créneaux. On voit des occasions d'affaires qu'on ne voyait pas auparavant, surtout dans les services commerciaux aux PME et le financement immobilier», a souligné M. Robitaille.

Mais dans l'immédiat, avec la récession qui affecte son marché principal au Québec, la Laurentienne doit aussi veiller à réaliser ses objectifs d'exploitation.

D'autant qu'en mi-exercice 2009, ses plus récents résultats montrent un léger retard de ses objectifs de rentabilité et de croissance du revenu total.

«Nous avons confiance de rattraper nos objectifs financiers d'exploitation d'ici la fin de l'exercice», a soutenu M. Robitaille.

N'empêche, à son deuxième trimestre, la Laurentienne a subi une baisse de 16% de son bénéfice net à 21,2 millions, et de 18% pour son bénéfice par action.

En contrepartie, ses revenus totaux ont à peine fléchi de 0,5% à 154,7 millions, malgré une baisse de 4,7% des revenus nets d'intérêts. Aussi, la Laurentienne a pu maintenir ses provisions pour pertes sur prêts à 12 millions, le même montant que le trimestre précédent.

En Bourse, les investisseurs étaient déçus du repli de la rentabilité. Les actions de la Laurentienne ont reculé de 5% à 29,22$, un repli presque deux fois plus accentué que celui de 2,8% de l'indice des services financiers à la Bourse de Toronto.

Néanmoins, les actions de la Laurentienne demeurent en avance de 22% par rapport au creux de 23,90$ atteint le 9 mars dernier.