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Les actuaires sont en demande

(Montréal) Leur calculatrice surchauffe. Les opérations mathématiques se multiplient dans leurs logiciels informatiques. Depuis le début de la crise économique, les actuaires qui se spécialisent dans les régimes de retraite ne manquent pas de travail.

«Les fermetures d'usines, les mises à la retraite ou, pire, les faillites entraînent nécessairement toutes sortes de calculs relatifs aux régimes de retraite», affirme Johane Ostiguy, actuaire et conseillère principale à l'impartition chez Mercer.

 

En même temps, les régimes à prestations déterminées (RPD) ont eu la vie dure dans les dernières années et beaucoup se retrouvent en déficit. Un RPD garantit la rente de retraite, dès l'embauche, et l'employeur s'engage en outre à éponger tout déficit. «Certaines entreprises se questionnent sur ces régimes et se demandent comment en améliorer la situation économique», dit Johane Ostiguy.

Dans tous les cas, les employeurs doivent faire appel à un actuaire, le professionnel qui, selon l'Institut canadien des actuaires, applique les mathématiques aux problèmes financiers.

Le travail afflue, le temps est compté

La nature du travail de l'actuaire n'est pas bien différente en temps de crise. «La grosse différence, c'est que le délai pour mener le travail à terme est raccourci», note Kathy Thibault, conseillère principale au développement des marchés chez Mercer.

«Ça en fait plus à faire en même temps, renchérit Johane Ostiguy. Par exemple, si un employeur souhaite obtenir d'un coup 300 départs à la retraite, il va peut-être falloir faire 1000 calculs pour que 300 personnes acceptent. Le temps est réduit, et le volume de travail est augmenté.»

Jean Demers, associé en consultation aux régimes de retraite chez Morneau Sobeco, remarque aussi qu'il y a du travail additionnel depuis le quatrième trimestre de 2008. «Nos clients se posent des questions, et nous avons beaucoup de demandes pour réévaluer des régimes ou estimer les impacts de la crise sur leur situation financière.»

C'est particulièrement le cas dans les organisations qui offrent un RPD.

«La crise leur a donné un électrochoc, note René Beaudry, associé chez Normandeau Beaudry. Nous sommes très actifs à rétablir les stratégies à moyen terme et long terme de réduction de risque. Mais je vois du positif, en ce sens que les organisations réagissent très intelligemment. Elles tentent de préparer le futur, d'optimiser leurs régimes.»

C'est donc dire que les actuaires seront bien occupés pour encore un bon bout de temps. «Car les entreprises doivent aussi s'interroger sur la période qui suivra la tourmente économique, dit Kathy Thibault. Il faut s'assurer que l'entreprise ait les programmes en place (assurances ou régimes de retraite) pour retenir et attirer les ressources humaines qui permettront d'avoir une croissance.»

En somme, la crise amène beaucoup d'eau au moulin des actuaires en régimes de retraite. «On a la chance d'être dans un secteur d'activité qui est à l'épreuve de la récession», note Jean Demers.

Et la situation actuelle fait connaître encore davantage la profession. «Avec toutes les questions sur l'état des régimes de retraite, on en parle de plus en plus dans les pages financières des journaux», note Johane Ostiguy.

 




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