Le ministre de la justice de l'État de New York, Andrew Cuomo, a écrit lundi au PDG de l'assureur AIG (AIG) pour exiger qu'il lui fournisse tous les contrats de travail et les performances des salariés ayant reçu des primes, malgré les pertes colossales du groupe.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans cette lettre consultable sur internet, M. Cuomo rappelle au PDG, Edward Liddy, que la justice newyorkaise réclamait déjà «la liste des personnes qui doivent recevoir» de telles primes, «ainsi que leur poste dans l'entreprise».

«Il est surprenant que vous ne nous ayez toujours pas livré ces informations», a écrit le ministre.

Les services de M. Cuomo réclament désormais avant 16H00 lundi «une description du métier et des performances de chacune de ces personnes chez AIG Financial Products», la filiale londonienne à l'origine des déboires du groupe.

Ils veulent aussi connaître «les contrats qui obligeraient» le groupe à verser ces primes, «la liste de ceux qui ont négocié ces contrats et ont mis en oeuvre cette politique de primes» et «un rapport d'étape immédiat pour savoir si des versements en vertu de cette politique ont été faits».

Faute de ces renseignements, la justice demandera à un tribunal de contraindre AIG à les fournir, a indiqué M. Cuomo.

Le ministre a rappelé qu'AIG, contrôlé à 79,9% par l'État, s'était engagé auprès de lui à ne pas verser de primes sans en avertir la justice.

Dans ce courrier, M. Cuomo informe M. Liddy qu'il enquête pour savoir si «des personnes touchant de telles primes ont été impliquées dans les agissements qui ont abouti à la déroute d'AIG et au sauvetage qui s'en est suivi».

La justice de l'État veut également déterminer si, comme le soutient M. Liddy, «de telles personnes sont véritablement nécessaires pour dénouer les positions d'AIG Financial Products», si «de tels contrats pourraient être déclarés caducs pour fraude ou toute autre raison», et si le versement de ces primes «pourrait être considéré comme un transfert d'argent illégal par la loi de l'État de New York».

«Les contribuables de ce pays soutiennent désormais AIG, et ils méritent à tout le moins de savoir comment leur argent est dépensé. Et nous devons aux contribuables d'entreprendre tout ce qui est possible pour empêcher des versements de primes impossibles à récupérer à ceux qui sont les premiers responsables de la débâcle d'AIG», a expliqué M. Cuomo.

Le président américain Barack Obama a dit lundi vouloir employer tous les moyens juridiques pour empêcher AIG de verser des centaines de millions de dollars de primes à des salariés.

AIG a subi l'an dernier une perte nette de 99,3 milliards de dollars, la plus importante jamais enregistrée par une société américaine. L'État fédéral américain a mobilisé plus de 170 milliards de dollars pour l'empêcher de s'effondrer.