L'économie québécoise a crû de 0,5 % en novembre, une performance dans laquelle le froid inhabituel de l'automne a joué un rôle.

HÉLÈNE BARIL LA PRESSE

Même si les données utilisées pour mesurer le produit intérieur brut sont désaisonnalisées, c'est-à-dire délestées des variables climatiques, des températures très anormales peuvent avoir un effet sur la croissance économique.

C'est ce qui s'est produit en novembre dernier, explique Mario Beaulieu, de l'Institut de la statistique du Québec. Le secteur ayant enregistré la plus forte hausse d'activités ce mois-là a été celui des services publics, notamment Hydro-Québec qui a produit plus d'énergie pour faire face à l'arrivée hâtive de l'hiver.

Avec un gain de 4,9 %, la production d'électricité et de gaz a accéléré l'activité économique en novembre, confirme Hélène Bégin, économiste principale de Desjardins.

Les autres secteurs qui ont contribué à faire tourner la roue sont la fabrication (+ 1,2 %) et le commerce de gros (+ 1 %).

À 0,5 %, la hausse du PIB québécois en novembre est plutôt étonnante, selon elle. En octobre, le PIB avait augmenté de 0,3 % et plusieurs signes de ralentissement avaient déjà commencé à apparaître à la fin de 2018.

Après 11 mois de données compilées, le rythme annuel de croissance est de 2,3 % pour le Québec. C'est comme ça que devrait se conclure l'année entière, prévoit Desjardins.

Ralentissement

Si le Québec conclut 2018 avec une croissance de 2,3 %, ce sera une très bonne année, mais un ralentissement marqué par rapport à 2017, quand le PIB a augmenté de 2,9 %.

« Le ralentissement est enclenché », estime l'économiste de Desjardins, qui prévoit que le taux de croissance du PIB québécois sera ramené à 1,9 % en 2019.

Déjà, les données disponibles pointent une décélération des ventes au détail, « surtout tout ce qui est sensible aux taux d'intérêt comme les ventes de voitures ou d'appareils ménagers », explique Hélène Bégin.

La Banque du Canada a augmenté cinq fois son taux directeur depuis juillet 2017. Le taux est resté inchangé depuis octobre 2018, à 1,75 %. Sa prochaine annonce est prévue le 6 mars.