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Année record pour les effets visuels au Québec

L'effervescence de l'industrie des effets visuels à Montréal est indéniable : ce secteur est désormais plus important que les tournages étrangers.

En 2018, les studios d'effets visuels du Québec ont réalisé des contrats pour 493 millions de dollars, une hausse de 88 % par rapport à l'année précédente. Si bien que pour la première fois, les contrats en effets visuels ont dépassé les dépenses des tournages étrangers au Québec, chiffrées à 378 millions en 2018, selon le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ).

Ce n'est pas que les producteurs hollywoodiens ont boudé le Québec l'an dernier. Au contraire, avec 378 millions en tournages étrangers, le Québec est à seulement 21 millions du record de tous les temps. L'année 2018 est ainsi au troisième rang des meilleures années du Québec en matière d'accueil de tournages étrangers.

C'est plutôt l'industrie des effets visuels qui est en pleine expansion. En 2018, elle a pulvérisé son ancien record de 278 millions en contrats - établi en 2016 - en obtenant des contrats atteignant presque 500 millions de dollars.

« Nous sommes très fiers des efforts qui ont été mis pour atteindre ce succès québécois. Ce succès s'appuie sur trois piliers fondamentaux : la présence d'un nombre suffisant de talents, des studios reconnus pour la qualité de leurs services et des programmes d'incitatifs fiscaux concurrentiels », dit Émilie Dussault, présidente du conseil d'administration du BCTQ et directrice générale des studios d'effets visuels de Technicolor/MPC au Québec.

Le Québec vise le top 3 mondial

Le BCTQ espère pouvoir maintenir un seuil de contrats d'un demi-milliard de dollars par année en effets visuels. « Nous espérons que [ce seuil] soit soutenable, dit Émilie Dussault. L'objectif est d'avoir une plus grande part de marché, d'être dans les trois plus grands pôles au monde avec Londres et Vancouver. »

Depuis quelques années, le Québec fait assurément partie des cinq États les plus importants du monde dans l'industrie des effets visuels. L'industrie québécoise est passée de 2700 travailleurs en 2016 à 3800 travailleurs en 2018, une hausse de 41 % en deux ans.

Les quatre studios montréalais de Technicolor/MPC représentent environ le tiers de l'industrie québécoise (1300 employés). Framestore, une entreprise britannique, a ensuite le deuxième studio d'effets visuels en importance à Montréal avec 600 employés. Ce studio a obtenu un mandat important en 2018 sur le film Jean-Christophe & Winnie, l'un des cinq films en nomination pour l'Oscar des meilleurs effets visuels. Un autre studio québécois, Hybride (propriété d'Ubisoft), a été le deuxième fournisseur en importance d'un autre film en nomination dans la même catégorie, Solo - Une histoire de Star Wars.

Le studio québécois Hybride a travaillé sur les... (Image fournie par Hybride Technologies) - image 2.0

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Le studio québécois Hybride a travaillé sur les effets visuels du film Solo - Une histoire de Star Wars, en nomination aux Oscars pour les meilleurs effets visuels.

Image fournie par Hybride Technologies

Montréal a accueilli, en 2018, cinq nouveaux studios étrangers en effets visuels : Mill Film (Technicolor), Digital Domain, Reel FX, Pixomondo et Scanline. À terme, ces cinq nouveaux studios créeront environ un millier d'emplois.

Les effets visuels prennent aussi davantage d'importance dans l'industrie du cinéma. Sur un film à grand budget de type superhéros, les effets visuels représentent généralement de 30 à 40 % du budget, qui est la plupart du temps supérieur à 100 millions de dollars.

En 2020, l'objectif est d'avoir environ 5000 travailleurs en effets visuels au Québec, selon le BCTQ.

« D'autres studios regardent Montréal. Ça crée un enjeu de main-d'oeuvre, mais on travaille avec l'industrie pour régler ces enjeux créés par la forte croissance du secteur. » - Romain Paulais, directeur de la grappe audiovisuelle au BCTQ

Crédit d'impôt de 36 %

Le crédit d'impôt du gouvernement du Québec joue un rôle important dans l'arrivée de ces studios. Par l'entremise de ce crédit d'impôt remboursable, Québec couvre 36 % des salaires des employés en effets visuels - autrement dit, 36 % de la valeur des contrats en effets visuels puisque la valeur des contrats correspond pratiquement à la valeur des salaires.

L'an dernier, Québec a ainsi versé environ 178 millions en crédits d'impôt aux studios d'effets visuels pour générer ces contrats de 493 millions.

Stabilité pour les tournages

Du côté des tournages étrangers, la province a connu une année relativement stable, passant de 383 millions en 2017 à 378 millions en 2018. Il s'agit ainsi de la troisième année parmi les meilleures pour l'accueil de tournages étrangers. Détail important : Montréal n'a pas accueilli l'an dernier de superproduction avec des dépenses supérieures à 100 millions.

« On considère que c'est une très bonne année [pour les tournages étrangers], dit Émilie Dussault. L'aspect positif, c'est qu'on a presque été capables de maintenir le même volume d'investissements étrangers sans avoir une superproduction. On est capables d'avoir une offre encore plus diversifiée, on est en train d'ouvrir notre marché sur des séries télé et d'autres types de films. »

Le Québec a accueilli une vingtaine de productions l'an dernier. Parmi les plus importantes, le film militaire Midway du réalisateur Roland Emmerich (Independence Day) et la série télé The Bold Type. Le film X-Men : Dark Phoenix, superproduction tournée à Montréal en 2017, a aussi tourné de nouvelles scènes en 2018, afin d'ajuster la fin du film. X-Men a dépensé plus de 100 millions au Québec en 2017, mais pas pour ces nouvelles scènes en 2018.

Le crédit d'impôt provincial pour les tournages étrangers varie entre 20 % des dépenses et 36 % des dépenses s'il y a des effets visuels. En 2018, Québec devrait ainsi débourser au moins 76 millions en crédits d'impôt (20 %) pour les tournages de films et séries télé étrangers.

En 2021, le BCTQ espère atteindre le seuil du milliard de dollars au total en combinant les tournages étrangers et les contrats d'effets visuels. En 2018, les deux secteurs ont généré ensemble des dépenses de 871 millions de dollars.




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