Intelligence artificielle: Québec veut un organisme international à Montréal

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.... (Jacques Boissinot, archives PC)

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

Jacques Boissinot, archives PC

(Paris) Le gouvernement du Québec compte mettre en place un nouvel organisme d'envergure internationale, basé à Montréal, pour faire avancer la recherche sur l'intelligence artificielle.

Le premier ministre Philippe Couillard en a inopinément fait l'annonce, vendredi, à Paris, rencontrant une brochette de spécialistes français du secteur du numérique. À la table-ronde se trouvait Cédric Villani, mathématicien réputé et député à l'Assemblée nationale française, élu sous la bannière de République En Marche, le parti créé dans la foulée du mouvement lancé par Emmanuel Macron.

« On va proposer une organisation internationale, mondiale, sur l'intelligence artificielle. Montréal est déjà l'hôte de nombreuses organisations internationales. Montréal est la troisième ville en importance après Washington et New York pour le nombre d'organisations internationales », a dit le premier ministre québécois.

Pour Philippe Couillard, le financement de ce nouvel organisme sera prévu au prochain budget du ministre des Finances, Carlos Leitao. Pas de cofinancement avec la France, dans un premier temps du moins, « on va faire le premier geste », dira M. Couillard. Québec n'a pas demandé non plus d'appui financier d'Ottawa.

Selon les informations obtenues par La Presse, le financement sera modeste dans un premier temps. Québec est encore à l'étape de l'organisation d'un tel organisme qui n'est pas encore mis sur papier. On est loin de l'étape ou il faudra chercher un local, explique-t-on en coulisses.

Le siège social sera à Montréal, comme le Québec est le seul appui financier, personne à Paris n'a remis en question cette décision. « C'est plus un organisme de concertation. Tout le monde reconnaît le leadership de Montréal dans le domaine de l'intelligence artificielle. Il faut parler des questions technologiques, mais aussi tout le monde reconnaît qu'il faut discuter d'autres questions autour de l'intelligence artificielle ; des questions sociales, de société, des questions d'inclusion, de la présence des femmes et de la diversité dans son sens le plus large », a insisté M. Couillard.

Plus tard, à l'UNESCO, la directrice générale, Audrey Azoulay a reconnu qu'il faudrait établir « une sorte de cadre normatif comme on l'a fait avec la diversité culturelle ». « On ne s'en rend pas compte actuellement, mais c'est une révolution comparable à celle de l'imprimerie ou du moteur à vapeur. C'est fondamental comme changement de civilisation ».

Clôturant une mission officielle de cinq jours en France, à Paris et à Toulouse, M. Couillard a remis l'insigne de Grand officier de l'Ordre national du Québec, le niveau le plus élevé, à l'astrophysicien et environnementaliste Hubert Reeves. Ce dernier avait déjà été reçu de l'Ordre en 1994.




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