Les 175 000 travailleurs de la construction et les 1400 ingénieurs du gouvernement sont en voie de faire la grève à compter de mercredi.

Publié le 23 mai 2017
Tommy Chouinard LA PRESSE

Lors d'une conférence de presse mardi, le président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), Marc-André  Martin, a indiqué que ses membres partiront en débrayage à minuit, à moins d'un revirement.

Une 48e rencontre de négociation a lieu mardi après-midi, mais « les parties sont encore loin de s'entendre ».

« Ce n'est pas de gaieté de coeur qu'on arrive ici et qu'on vous annonce qu'on va déclencher une grève, a soutenu M. Martin. Nous, on comprend qu'il va y avoir des impacts sur la population. On a tenu le discours à date qu'on ne veut pas prendre la population en otage. On comprend que le monde va subir des inconvénients. On est des pères de famille, on va les vivre aussi ces inconvénients. Mais regardez, le gouvernement nous pousse vers la grève essentiellement. » Il n'y a « aucune volonté politique de régler le conflit », selon lui.

L'APIGQ réclame entre autres des hausses salariales de 20% pour combler un retard avec « le marché de comparaison ». Selon le syndicat, le salaire maximal d'un ingénieur standard du secteur public s'élève à 85 215$, comparativement à 98 000 $ au fédéral et à la Ville de Montréal ; 113 254$ chez Hydro-Québec.

Cet écart fait en sorte que l'État québécois a du mal à recruter et retenir les ingénieurs d'expérience, estime l'APIGQ. Elle rappelle que la Commission Charbonneau a recommandé de renforcer l'expertise interne au ministère des Transports, qui compte la majorité des ingénieurs à l'emploi du gouvernement. Or Québec dépense entre 200 et 300 millions par année en contrats avec des firmes de génie-conseil, « deux à trois fois » la masse salariale des ingénieurs. Il y a un « déséquilibre de l'expertise » entre le privé et l'État, soutient Marc-André Martin.

Après une grève de quatre mois, les 1100 juristes de l'État sont rentrés de force au travail avec l'adoption d'une loi spéciale en février dernier. « On est très au courant » que le conflit des ingénieurs pourrait se terminer de la même façon, a répondu M. Martin « Ce sera le gouvernement qui aura l'odieux de faire une loi ».

Dans la construction, les 175 000 travailleurs se dirigent également vers une grève générale illimitée, comme en 2013. Le gouvernement Marois avait fait adopter une loi spéciale à l'époque. Le conflit porte sur les salaires, le temps supplémentaire et l'aménagement des horaires de travail.