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Les syndiqués de la construction votent en faveur de la grève

Une grève pourrait théoriquement être déclenchée dès le... (ARCHIVES PC)

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Une grève pourrait théoriquement être déclenchée dès le 22 ou le 24 mai, selon le secteur d'activités.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

Les syndicats de la construction viennent de se doter d'un mandat de grève à plus de 93 %, alors que les conventions collectives sont arrivées à échéance le 30 avril dernier.

La Presse Canadienne a appris que le mandat a été obtenu à 93,43 % dans le secteur de la construction résidentielle, à 94,9 % dans le génie civil et la voirie, à 95,6 % dans l'industriel et à 95,4 % dans l'institutionnel et commercial.

Les cinq organisations qui forment l'Alliance syndicale, à savoir la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), le Syndicat québécois de la construction, la CSD-Construction et la CSN-Construction représentent les 175 000 ouvriers de l'industrie au Québec dans les quatre secteurs d'activités.

Une grève pourrait théoriquement être déclenchée dès le 22 ou le 24 mai, selon le secteur d'activités.

Les négociations se poursuivent toujours, toutefois, en présence d'un conciliateur.

Patrons déçus

Jointes au téléphone jeudi après-midi, deux associations patronales ont exprimé leur espoir de parvenir à une entente pour éviter le déclenchement d'une grève.

«On est très déçu du vote. Mais le chat sort du sac», a lancé François-William Simard, vice-président au développement stratégique et aux communications à l'APCHQ (Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec). Il soupçonne l'Alliance syndicale de préparer la grève depuis quelque temps déjà.

Même son de cloche à l'Association de la construction du Québec (ACQ), où le responsable des relations avec les médias, Éric Côté, affirme que «100 jours ont été perdus» parce que l'Alliance syndicale s'est traînée les pieds plutôt que de négocier sérieusement dès le départ.

M. Côté soutient qu'«avant même qu'on ait discuté des enjeux, avant d'avoir commencé à discuter, le syndicat tenait des assemblées et faisait voter des travailleurs».

Tant l'APCHQ que l'ACQ rapportent que l'Alliance syndicale a déposé des offres finales globales, qu'elles veulent prendre le temps d'étudier. Mais M. Côté, de l'ACQ, déplore déjà qu'«aucune des demandes patronales n'est considérée» dans ces offres.

40 000 noms

Pendant ce temps, l'Alliance syndicale a rencontré la ministre du Travail, Dominique Vien, jeudi, pour lui remettre une pétition signée par 40 000 personnes qui réclament la rétroactivité dans l'industrie de la construction.

Cette industrie a une particularité: lorsque les parties concluent une convention collective, les augmentations de salaire qui sont obtenues ne sont pas rétroactives à la date d'échéance de la convention collective, contrairement aux autres secteurs d'activités.

Il s'ensuit une perte de salaire qui peut être importante pour les ouvriers.

«On se retrouve dans une situation où nos travailleurs perdent environ 51 $ par semaine et les employeurs, depuis le 30 avril, empochent environ 8 millions par semaine», a déploré le porte-parole de l'Alliance syndicale, Michel Trépanier, au cours d'une entrevue. Il établit ses calculs en supposant une augmentation de salaire de 3 % qui n'est pas rétroactive à la date d'échéance des conventions.

M. Trépanier ajoute que dans ces circonstances, les associations patronales n'ont pas intérêt à conclure rapidement une entente de principe, puisqu'elles économisent en salaires.

La pétition reprend aussi une autre revendication des syndicats de la construction: celle d'être couverts par les dispositions anti-briseurs de grève du Code du travail - communément appelées loi antiscabs.

Comme l'industrie n'est pas couverte par ces dispositions, les syndicats affirment que cela entraîne des tensions au chantier lorsqu'il y a grève. «En 2013, on a vécu cette problématique», a rapporté le dirigeant syndical.

M. Trépanier rapporte que la ministre du Travail «a reçu positivement» la pétition de 40 000 noms en faveur de ces deux revendications. «Elle n'a pas pris d'engagement formel sur la suite des choses, mais elle est sensible par rapport à cet équilibre-là», a-t-il relaté.




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