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Parlez d'argent, suggère l'AMF

Inciter la population à parler d'argent, lui donner de meilleurs outils pour se... (PHOTO INGOLFUR BRUUN, ARCHIVES REUTERS)

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Inciter la population à parler d'argent, lui donner de meilleurs outils pour se renseigner et former les jeunes à l'école: voilà les objectifs du plan d'action du Québec pour l'éducation financière, qui sera dévoilé officiellement aujourd'hui.

La littératie financière est un sujet à la mode. Mais certains déplorent que les bonnes intentions ne soient pas toujours appuyées par des actions concrètes. Voici quelques exemples.

Objectif: Le plan d'action prévoit plus d'activités d'éducation financière dans les établissements d'enseignement.

Réalité: Le cours d'éducation économique au secondaire a disparu du programme en 2009. Son retour était d'abord prévu pour la rentrée 2014, puis pour 2015, mais il n'a toujours pas l'approbation du ministère de l'Éducation et il est trop tard pour la prochaine année scolaire. On parle d'un possible retour en 2016-2017, mais il s'agirait d'un cours optionnel.

«D'autres outils permettent d'intéresser les jeunes aux finances», explique Camille Beaudoin, directeur de l'éducation financière à l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui a piloté l'élaboration du plan d'action. «Par exemple, au primaire, le programme «Mes sous, j'y vois» intègre des notions de finances aux mathématiques, à l'anglais et à d'autres matières. Il faut en faire la promotion auprès des enseignants.»

Objectif: Le plan d'action cherche à inciter les Québécois à parler d'argent et à consulter des organismes d'aide au budget.

Réalité: Les associations de consommateurs, comme les ACEF, qui offrent des consultations budgétaires, des ateliers et d'autres programmes d'aide dans plusieurs régions du Québec, se plaignent depuis longtemps de sous-financement. Leurs subventions du Secrétariat à l'action communautaire n'ont pas augmenté depuis plus de 10 ans, déplore France Latreille, directrice générale de l'Union de consommateurs. «On recevait habituellement notre financement pour une période de trois ans, mais à l'automne 2014, il a été renouvelé seulement pour un an et demi, ce qui a créé beaucoup d'incertitude, dit-elle. On reçoit aussi du financement en proposant des projets, mais il ne s'agit pas de fonds récurrents.»

Objectif: Le plan d'action veut accroître la vigilance des consommateurs quand ils achètent, investissent ou utilisent le crédit.

Réalité: Un projet de loi pour combattre le surendettement et moderniser les règles encadrant le crédit, déposé à l'Assemblée nationale en 2011 après plusieurs années de travaux, n'a toujours pas été adopté.

Il proposait notamment:

- d'interdir d'accorder au consommateur une limite de crédit supérieure à celle demandée;

- d'interdir d'offrir une carte de crédit à un mineur sans consentement d'un parent;

- d'augmenter le paiement minimum sur le solde des cartes de crédit;

- d'obliger le prêteur à vérifier la capacité du consommateur à rembourser, selon le principe du «prêteur responsable»;

- d'interdir les cadeaux pour inciter les consommateurs à demander une carte de crédit;

- de mieux protéger les consommateurs en cas de transactions non autorisées avec leur carte de débit.

Objectif: Le plan d'action veut des programmes d'éducation «sans objectif de développement des affaires».

Réalité: Les organismes de défense des consommateurs soulignent que les institutions financières qui élaborent des programmes de littératie financière n'ont pas toujours les mêmes intérêts qu'eux. «Ce sont elles qui ont de l'argent, mais les consommateurs qui se sont endettés au-delà de leur capacité auprès des banques se tournent ensuite vers les organismes d'aide budgétaire quand ils n'arrivent pas à rembourser leurs dettes, note France Latreille, de l'Union de consommateurs. Ça prendrait un fonds alimenté par les banques et les entreprises de crédit, pour financer des programmes neutres et objectifs d'éducation financière.»

Pour consulter la Stratégie québécoise en éducation financière: https://www.lautorite.qc.ca/files/pdf/education-financiere/SQEF01062015.pdf

50%
des Québécois sont mal à l'aise de parler d'enjeux financiers personnels avec un membre de leur entourage.
39%
des Québécois n'épargnent pas pour l'avenir.
25%
des Québécois ont de la difficulté à gérer leurs finances personnelles.

Source : sondage CROP réalisé pour Raymond Chabot, avril 2015




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