Le Conference Board se montre optimiste pour l'économie du Québec en 2015 et 2016, particulièrement grâce à ses exportations et à la reprise aux États-Unis.

Mis à jour le 28 mai 2015
Lia Lévesque LA PRESSE CANADIENNE

Après des années de croissance modeste et une économie en queue de peloton au pays, l'économie québécoise devrait croître de 2,2 % en 2015 et de 2,6 % en 2016, prévoit le Conference Board, qui a dévoilé jeudi sa Note de conjoncture provinciale pour le printemps 2015.

«Si on compare avec les autres provinces, avec une croissance de 2,2 et de 2,6, ça va être plus fort que la moyenne nationale. Je dirais qu'il (le Québec) se situe environ au milieu du peloton. C'est plus fort dans certaines provinces de l'Ouest, comme la Colombie-Britannique et le Manitoba; eux, leur économie va très bien. Par contre, c'est quand même une bonne performance, parce que le Québec se situait plutôt dans les dernières provinces, ces dernières années», a illustré la directrice associée aux prévisions provinciales, Marie-Christine Bernard, au cours d'une entrevue.

Les exportations du Québec vont croître, à cause du dollar canadien qui s'est déprécié et de l'économie américaine qui se porte mieux, mais est-ce qu'elles vont croître au point de faire oublier à l'industrie manufacturière ses sombres années? «Ça, c'est une bonne question! Je pense que présentement, c'est bon. Est-ce que c'est complètement terminé? Disons que le secteur s'est beaucoup restructuré dans les dix ou quinze dernières années; il s'est adapté au dollar canadien qui était plus haut; il s'est adapté aussi à la concurrence des pays émergents. Ce qu'il en reste, du secteur manufacturier, est probablement plus fort, suite à cette restructuration», conclut d'abord Mme Bernard.

Elle s'empresse toutefois d'ajouter que «dans les années à venir, si on veut voir un secteur (manufacturier) qui est en expansion, il va falloir voir plus d'investissement privé dans la province».

Et c'est là que le bât blesse: l'investissement privé demeure timide dans l'économie québécoise, malgré les précédentes bonnes nouvelles.

«On aurait pensé qu'on aurait pu voir un revirement cette année, puisqu'on a eu quand même des exportations assez fortes dans la dernière année. Mais il reste encore de l'incertitude», souligne Mme Bernard.

L'organisme s'attend non seulement à une hausse des exportations, mais aussi à un accroissement des dépenses de consommation des ménages.

Les ménages vont disposer de plus d'argent, selon Mme Bernard, grâce à une création d'emplois plus élevée au Québec au début de cette année, grâce aux prix de l'essence qui demeurent peu élevés et grâce à différentes mesures adoptées par le gouvernement fédéral qui entreront en vigueur, particulièrement pour les familles.

En plus de l'investissement privé qui demeure timide au Québec, Mme Bernard relève une autre ombre au tableau: le ralentissement de l'industrie de la construction. «On le voit déjà au Québec le ralentissement du côté des mises en chantier, il est déjà présent», signale-t-elle.

Fait à noter, à cause des compressions budgétaires dans les secteurs public et parapublic, le Conference Board s'attend à ce que l'apport du secteur public à l'économie québécoise soit limité.

Pour ce qui est des autres provinces, l'économie de l'Alberta devrait finalement prendre du mieux, elle qui a été grandement affectée par la chute des prix du pétrole. Le Conference Board s'attend à une croissance modérée de l'économie albertaine en 2016, après une «contraction modeste» en 2015.

La Colombie-Britannique et le Manitoba devraient connaître encore de bons résultats en 2015 et 2016.