Ce n'est pas juste à l'État de livrer les services, dit Leitao

Le ministre des Finances, Carlos Leitao.... (PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES LE SOLEIL)

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Le ministre des Finances, Carlos Leitao.

PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

Julien Arsenault
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Ce n'est pas nécessairement à l'État québécois de fournir des services, estime le ministre des Finances, Carlos Leitao, qui croit que tous les scénarios, dont la privatisation, doivent être étudiés pour réaliser des économies.

Invité par l'Association des économistes du Québec, lundi, à Montréal, M. Leitao a fait valoir que la livraison des services était «secondaire» puisque c'est leur accessibilité qui compte pour les citoyens.

«Est-ce qu'il faut que ça soit l'État qui livre des services publics? Que ça soit l'État ou quelqu'un d'autre, je pense que c'est secondaire. C'est le service lui-même qui compte», a-t-il dit dans son allocution.

Le ministre Leitao a assuré que la Commission de révision permanente des programmes - qui doit dégager des économies de 3,2 milliards de dollars pour l'an prochain afin d'atteindre l'équilibre budgétaire - se penchera sur cette question.

Le ministre des Finances a réservé une partie de son discours pour remettre en question l'efficacité du modèle actuel, sans toutefois fournir d'exemples quant aux approches à préconiser ainsi que les économies qui pourraient être réalisées.

Au cours d'un bref point de presse, il a suggéré que certains groupes communautaires pourraient par exemple prendre le relais de certains services actuellement dispensés par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

«Il y a énormément d'organismes communautaires qui peuvent fournir ces services, a dit M. Leitao. Ça coûte moins cher quand il s'agit d'un réseau étatique. [Ce réseau] pourrait être capable d'aller dans des endroits plus éloignés.»

Le ministre des Finances a estimé que trop souvent, la «machine étatique» devenait «trop bureaucratique» et qu'il fallait trouver des scénarios où l'offre de services pourrait être plus flexible.

Outre le secteur privé, ce «réseau étatique» d'organismes communautaires pourrait s'avérer plus flexible et moins coûteux pour l'État, a dit M. Leitao.

Cette approche pourrait permettre au gouvernement Couillard de réduire le nombre d'employés de la fonction publique, puisque l'État ne serait pas nécessairement l'employeur des travailleurs de ces organismes communautaires.

«C'est une façon de le voir, a dit M. Leitao. Ce que l'on cible, c'est la disponibilité du service.»

Au cours de son allocution, le ministre a rappelé que quelque 6500 travailleurs s'ajoutaient annuellement dans la fonction publique avant le gel d'embauche décrétée par le gouvernement Couillard après son arrivée au pouvoir.

Révision à la baisse de la croissance

Par ailleurs, en raison d'une situation économique plus difficile que prévu, le ministre des Finances a reconnu qu'il devra abaisser sa cible de croissance de 1,8 % du produit intérieur brut (PIB) qui figurait dans son budget déposé en juin dernier.

«C'est clair qu'avec ce qui s'est passé au premier trimestre et même un peu au deuxième, ça sera très difficile d'atteindre 1,8 %, a-t-il dit dans son discours. On va devoir réviser cela à la baisse.»

Le ministre a souligné que la mise à jour de l'état des finances publiques pour les quatre premiers mois de l'exercice, dévoilée vendredi dernier, faisait état d'une croissance du PIB de 1,5 %.

«Il y a quand même une reprise, mais ce n'est pas satisfaisant, a-t-il dit. Ce n'est pas encore très fort, mais c'est mieux qu'en 2013.»

Sans dévoiler sa nouvelle prévision, M. Leitao a affirmé qu'elle figurera dans sa mise à jour économique automnale, qui, selon lui, devrait garder le cap sur les mesures budgétaires déjà annoncées.

S'il dit constater un «certain regain d'activité économique», cela ne l'a pas empêché de reconnaître que la progression de l'emploi avait jusqu'ici été «faible», ce qui était «loin d'être satisfaisant».

Au début du mois, le ministre des Finances, qui planchait sur une création de 31 300 emplois au Québec pour l'année en cours, avait admis que le gouvernement Couillard allait rater sa cible.

«Il y a des aspects structurels qui expliquent cela, mais aussi la lenteur des investissements privés», a-t-il dit.

M. Leitao a par ailleurs indiqué qu'il accueillait favorablement la proposition de l'Association de mettre sur pied un chantier sur la fiscalité après le dépôt du rapport final, en décembre, de la Commission d'examen sur la fiscalité québécoise.




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