Une crise de confiance a coulé Heenan Blaikie

L'avenir du bureau montréalais de Heenan, boulevard René-Lévesque... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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L'avenir du bureau montréalais de Heenan, boulevard René-Lévesque Ouest, est incertain. Des dizaines d'avocats qui y travaillaient ont été recrutés par d'autres cabinets.

Photo Olivier Pontbriand, La Presse

Sylvain Larocque
La Presse

C'est une «crise de confiance» et non un problème de rentabilité qui a causé la perte de Heenan Blaikie, a soutenu hier l'un des fondateurs du vénérable cabinet d'avocats.

«C'est très difficile pour tout le monde ici et, quant à moi, ce n'était pas nécessaire», a déclaré à La Presse Affaires Roy Heenan, qui a cofondé le cabinet en 1973 avec Peter Blaikie et Donald Johnston.

«L'année dernière, nous avons eu un volume d'affaires de 222 millions et des profits d'environ 75 millions, a-t-il précisé. Et décembre a été l'un de nos meilleurs mois: on a facturé pour 35 millions. C'était loin de ne pas être rentable. La chicane est partie entre les différents groupes et c'est ça qui a causé, malheureusement, le résultat final.»

Me Heenan, 78 ans, a quitté la présidence du conseil d'administration du cabinet en 2012. Dans les mois qui ont suivi, la direction de Heenan Blaikie a été confiée à deux codirecteurs associés nationaux: Robert Bonhomme et Kip Daechsel. Les deux travaillaient chez Heenan depuis plus de 20 ans.

«Ils ne s'entendaient pas bien, c'est évident», a confié hier un avocat sous le couvert de l'anonymat, en soulignant que depuis le départ de Me Heenan, il n'y avait plus de président pour établir la direction à suivre.

«La culture amicale qui existait depuis 40 ans s'en allait, a affirmé une autre source interne. Ils ont commencé à mettre dehors des avocats qui ne facturaient pas assez et ç'a causé une crise de confiance. Après ça, même les meilleurs se sont mis à partir. C'était le début de la fin.»

Un avenir incertain à Montréal

Le Globe and Mail et le Wall Street Journal ont rapporté hier que les dirigeants des bureaux de Heenan Blaikie à Toronto et à Calgary étaient en pourparlers avancés pour regrouper leurs activités avec celles du géant DLA Piper, qui compte 4200 avocats dans 30 pays. Rappelons qu'en 2011, Ogilvy Renault a fusionné avec le cabinet britannique Norton Rose.

L'avenir du bureau montréalais de Heenan est moins certain. Des dizaines d'avocats qui y travaillaient ont été recrutés par les cabinets Dentons, Lavery, Fasken Martineau et Borden Ladner Gervais (BLG). Quant au bureau de Québec, le site spécialisé Droit-inc indiquait hier que son patron, Marcel Aubut, était en train de négocier une intégration avec BCF. Il reste à voir où aboutiront les «stars» de Heenan Blaikie: les anciens premiers ministres Jean Chrétien et Pierre Marc Johnson ainsi que l'ex-ministre fédéral Martin Cauchon.

Un nom qui pourrait disparaître

Enfin, pour ce qui est des bureaux de Vancouver, Trois-Rivières et Sherbrooke, ils pourraient survivre, mais on ne sait pas encore s'ils conserveront la raison sociale Heenan Blaikie.

«Pour moi, ce n'est pas essentiel, a assuré hier Roy Heenan. J'ai fait ce que j'avais à faire pendant 40 ans. Ce qui est important, c'est que les employés puissent se replacer.»

Jusqu'à tout récemment, Heenan Blaikie comptait quelque 500 avocats dans neuf bureaux au Canada et un à Paris.




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