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Baie-James: le mauvais état des routes nuit au tourisme

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

(Montréal) Le gouvernement du Québec a beau avoir une stratégie ambitieuse pour développer le Nord, il néglige le principal axe de transport du territoire, la route de la Baie-James, au point où certains chasseurs et touristes préfèrent rester dans le Sud plutôt que de se risquer à monter à la Baie-James.

«La route est dans un état tel qu'elle affecte le potentiel de développement économique du territoire», dit au téléphone le président-directeur général de la Société de développement de la Baie-James (SDBJ), Raymond Thibault.

«On observe une diminution de la clientèle touristique en raison de son état», ajoute-t-il.

La SDBJ est une société d'État qui a pour mission de favoriser le développement économique du territoire de la Baie-James. Elle a la responsabilité d'entretenir la principale route du Nord. Les frais d'entretien sont payés par Hydro-Québec (HQ).

Cette voie de transport névralgique de 710 km, qui relie Matagami à Radisson, donne accès aux centrales électriques et à plusieurs communautés cries, une clientèle de 11 000 personnes. La route va éventuellement donner accès à la mine Opinaca, de Goldcorp. La route se connecte aussi à la Transtaïga où se trouvent de nombreuses pourvoiries.

Selon M. Thibault, HQ ne veut plus être seule à payer pour l'entretien d'une route dont elle n'est plus la seule utilisatrice. Le ministère des Transports ne reconnaît aucune responsabilité en ce qui concerne la route de la Baie-James.

Le budget annuel s'élève à 5 millions, soit exactement le même budget d'entretien qu'il y a 20 ans. La SDBJ estime le minimum vital à 8 millions par an. Un manque à gagner qui a des répercussions bien concrètes.

«Les 3 millions qui manquent, c'est pour acheter les fondants chimiques et les abrasifs nécessaires au déglaçage, a expliqué M. Thibault. Actuellement, je n'ai pas de budget pour tracer des lignes de délimitation routière. Je n'ai pas de budget pour remplacer les panneaux de signalisation. En mai, une section de route a foutu le camp. J'ai fait les réparations temporaires, mais je n'ai pas de budget pour les réparations permanentes.»

La route, construite au début des années 70, avait été conçue pour y circuler à 100 km/h. Faute d'entretien, certains tronçons sont maintenant limités à 70 km/h, et même à 50 km/h.

La SDBJ réclame le déblocage d'un budget de 15 millions par année pendant 5 ans pour corriger les sections de route en déficience majeure, afin «d'augmenter rapidement la sécurité des usagers», lit-on dans le rapport annuel de l'organisme, rendu public ces derniers jours.

Québec n'a prévu aucune somme pour la réfection de la route de la Baie-James dans son enveloppe réservée aux infrastructures dans le cadre du Plan Nord.

Pire résultat depuis 2008

La SDBJ, dont la survie a été confirmée par la signature de l'Entente sur la gouvernance dans le territoire Eeyou Istchee Baie-James, a connu son pire exercice depuis 2008. En 2012, elle a perdu 1,5 million sur des revenus de 21,7 millions. Le gros des pertes s'explique par des diminutions de valeur sur des placements miniers et par la fermeture temporaire, en février 2012, du relais routier du kilomètre 381, pour cause de moisissures.

Le relais a depuis rouvert. Quant au secteur minier, la conjoncture est difficile depuis la crise financière de 2008.

La SDBJ prévoit toutefois conclure l'exercice 2013 avec un bénéfice de 400 000$, avant de comptabiliser les variations de valeur de son portefeuille de placements.




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