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Onze inspecteurs russes dans les usines de porc du Québec

(Montréal) En 2012, le Québec a exporté 144 000 tonnes de porc en Russie. C'est plus qu'aux États-Unis! Mais les Russes ont soudainement fermé la porte au porc canadien à la fin de l'an dernier, officiellement parce qu'il contient un additif qui ne les avait jamais dérangés auparavant. La visite de 11 inspecteurs russes, arrivés au pays samedi dernier, pourrait rouvrir ce marché alléchant.

Les exportations canadiennes de porc en Russie sont passées «d'un chiffre d'affaires de près de 500 millions l'an dernier à presque rien», a dit hier à La Presse Jacques Pomerleau, président de Canada Porc International. Fin 2012, la Russie a subitement décidé d'interdire l'importation de viande d'animaux traités à la ractopamine. Or, cet additif approuvé par Santé Canada pour améliorer le gain de poids des porcs et augmenter leur teneur en viande maigre est couramment employé dans nos élevages porcins.

Il y a de l'espoir que le Canada puisse bientôt recommencer à envoyer ses épaules, fesses et parures de porc aux Russes, qui aiment en faire des saucissons. Onze inspecteurs de Rosselkhoznadzor - l'équivalent russe de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) - sont au pays pour deux semaines. Ils visiteront une vingtaine d'usines, dont 11 au Québec, au nom de l'Union douanière eurasienne, qui inclut le Kazakhstan et la Biélorussie. «Les Russes ont deux exigences: que les usines se conforment au protocole pour assurer l'absence de ractopamine et qu'il n'y ait pas de porc américain qui transite par ces usines», a expliqué M. Pomerleau.

Leur présence est particulièrement importante pour le Québec. «La majorité des exportations vers la Russie viennent du Québec, a noté M. Pomerleau. Si vous regardez les chiffres d'exportations du Québec l'an dernier, le marché numéro 1 en volume, c'était la Russie.»

Viandes duBreton, qui exporte plus de 60% de sa production à l'étranger, ne fait plus affaire avec la Russie depuis l'automne. «On a été «délistés», comme beaucoup d'usines, a dit Vincent Breton, président de l'entreprise familiale. Ça a eu un impact important, même si ce n'était pas le pays où on exportait le plus. Le problème, ce n'est pas d'exporter, c'est de le faire au bon prix.»

M. Breton s'est dit perplexe devant la demande soudaine de la Russie pour le porc sans ractopamine, plus cher. «On en produit depuis plusieurs années, et les clients russes n'ont jamais démontré d'intérêt, a-t-il indiqué. À mon avis, c'est une barrière non tarifaire.»

Les inspecteurs russes - qui ne parlent ni anglais, ni français - ne sont pas autorisés à parler aux médias, selon Canada Porc International. En avril, le Rosselkhoznadzor (qui n'a pas répondu aux courriels de La Presse, hier) a précisé dans un communiqué que le Canada et la Russie «étaient unanimes sur le besoin d'une inspection des usines canadiennes intéressées à approvisionner les pays de l'Union douanière eurasienne».

Les producteurs québécois sont confiants

«Nous sommes confiants qu'à l'issue de la tournée des inspecteurs russes, nous poursuivrons les exportations en Russie, car nous avons tout mis en oeuvre pour répondre à leurs demandes», a témoigné Gaëlle Leruste, porte-parole de la Fédération des producteurs de porcs du Québec.

Seules les usines qui se conforment au nouveau protocole garantissant l'absence de ractopamine, élaboré par l'ACIA et les autorités russes, reçoivent les inspecteurs. «Jusqu'à maintenant, les visites se déroulent bien, a assuré M. Pomerleau. Les Russes ne se gênent pas si quelque chose cloche, s'il y a un défaut, et il n'y en a pas eu.»




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