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SNC-Lavalin supplie Québec et Montréal de ne pas l'écarter

Robert Card...

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Robert Card

Sylvain Larocque
La Presse

(Montréal) La firme d'ingénierie SNC-Lavalin (T.SNC) a imploré jeudi le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal de ne pas la placer sur leur liste noire malgré les scandales de corruption qui l'ébranlent depuis plus d'un an.

«Nos clients ont le droit de faire ce qu'ils veulent, mais nous pensons qu'il serait étrange d'envisager de prendre des mesures contre nous alors que nous sommes en voie de devenir plus éthiques que nous ne l'avons jamais été», a déclaré le PDG de SNC-Lavalin, Bob Card, au cours d'une conférence de presse tenue après l'assemblée annuelle des actionnaires.

En mars 2012, SNC a révélé avoir versé au moins 56 millions US en commissions irrégulières à des agents commerciaux pour décrocher des contrats, y compris celui du futur Centre universitaire de santé McGill (CUSM). L'ancien PDG Pierre Duhaime est accusé de fraude dans cette affaire. L'entreprise a aussi reconnu avoir versé des pots-de-vin au Bangladesh et effectué des contributions politiques illégales au Québec.

En raison de l'affaire du Bangladesh et d'une autre au Cambodge, la Banque mondiale vient d'interdire à la plupart des filiales de SNC-Lavalin d'obtenir des contrats financés par ses fonds, et ce, pendant 10 ans. L'Agence canadienne de développement international (ACDI) a fait de même. De plus, La Presse Affaires a révélé jeudi qu'Hydro-Québec a évincé SNC de ses projets majeurs en raison de sa participation au chantier de Muskrat Falls, à Terre-Neuve-et-Labrador.

SNC-Lavalin vient d'envoyer à l'Autorité des marchés financiers (AMF) sa demande pour obtenir l'autorisation de conclure des contrats avec les différentes entités du gouvernement. En vertu de la loi 1, seules les entreprises jouissant de la «confiance du public» peuvent obtenir le feu vert de l'AMF. De son côté, la Ville de Montréal a promis d'écarter toute entreprise ayant trempé dans la collusion.

Une assemblée animée

L'assemblée de SNC a été un peu plus animée qu'à l'habitude jeudi, des actionnaires faisant la file pour interroger la direction de l'entreprise sur ses déboires.

Le président sortant du conseil d'administration, Gwyn Morgan, a admis que 2012 avait été l'année la plus difficile de toute sa carrière. Il a soutenu qu'avec les nouveaux contrôles mis en place, de nouvelles malversations sont peu probables. De nouvelles révélations sont toutefois à prévoir.

«Nous avons des enquêtes en cours à plusieurs endroits», a indiqué M. Card, notamment en Algérie, où la société est soupçonnée de corruption par la police suisse.

Par ailleurs, les résultats financiers ne s'améliorent pas. Au premier trimestre, SNC a déçu les analystes avec des profits nets de 53,7 millions, ou 35 cents par action, en baisse de 19% par rapport à l'an dernier.

L'entreprise a dû engager des dépenses additionnelles de 32 millions pour un projet à Montréal, vraisemblablement le futur CUSM. Elle entend récupérer cette somme auprès du gouvernement.

SNC-Lavalin a également fait part hier de son intention de vendre certaines de ses participations dans des projets d'infrastructure jugés non stratégiques.

L'action de SNC-Lavalin a perdu 4,5% jeudi pour clôturer à 41,51$ à la Bourse de Toronto.




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