Le départ annoncé de deux locataires importants n'entachera pas les célébrations entourant le 50e anniversaire du 1 Place Ville-Marie, la semaine prochaine. Le propriétaire du gratte-ciel - Ivanhoé Cambridge - estime que les millions investis en rénovations et le prestige de l'immeuble permettront de relouer facilement les bureaux.

Publié le 7 sept. 2012
Maxime Bergeron et Isabelle Massé LA PRESSE

La Banque Royale du Canada libérera plus de 140 000 pieds carrés dans l'immeuble et concentrera ses activités sur un nombre restreint d'étages d'ici la fin de 2013. La firme Deloitte déménagera pour sa part dans un gratte-ciel tout neuf à côté du Centre Bell en 2015, elle qui occupe aujourd'hui quatre étages de la tour cruciforme et dans les autres édifices du complexe.

«Plusieurs discussions» sont en cours avec des locataires potentiels pour relouer les bureaux de la Banque, a affirmé hier Dany Gauthier, directeur principal de la Place Ville-Marie (PVM). Il indique aussi disposer de «plus de trois ans» pour relouer les locaux qui seront libérés par Deloitte.

En entrevue avec La Presse Affaires dans le cadre du 50e anniversaire, M. Gauthier a insisté sur les importants travaux réalisés dans l'immeuble. Depuis son acquisition par Ivanhoé - une filiale de la Caisse de dépôt - en 2000, plus de 160 millions de dollars ont été injectés pour moderniser les systèmes électriques, la ventilation, la galerie marchande et plusieurs autres composantes.

«De louer ici ou dans un immeuble neuf, c'est la même chose, a fait valoir le directeur. C'est le seul édifice à Montréal qui jouit d'un avantage historique, tout en étant à la fine pointe de la technologie.»

Une icône montréalaise

Le gratte-ciel a été ouvert officiellement au public le 13 septembre 1962, après des travaux de plus de quatre ans. Construit au coût de 80 millions de dollars, c'était alors l'immeuble le plus haut du Commonwealth, une véritable fierté pour les Montréalais.

Malgré l'arrivée de tours plus modernes au début des années 90, la PVM conserve encore aujourd'hui un statut particulier. «C'est le bureau le plus prestigieux de Montréal, son design unique donne une visibilité à Montréal», souligne Charles R. Spector, responsable du département commercial du cabinet d'avocats Fraser Milner Casgrain, installé aux 38e et 39e étages de l'immeuble depuis 1984.

Il y a deux ans, le cabinet d'avocats Norton Rose Canada est retourné à la PVM, 30 ans après avoir eu comme adresse la Tour BNP de l'avenue McGill College. La firme y occupe quatre étages et demi, du 24e au 28e étage.

«Malgré ses 50 ans, la Place Ville-Marie reste une place de prestige, dit Jean G. Bertrand, associé directeur, bureau de Montréal, de Norton Rose Canada. Sur McGill College, on restait à l'écart de la circulation. Les associés et avocats se sentaient en dehors de l'action. Le retour a donc été bien accueilli.»

Outre sa stature historique, la PVM possède la qualité la plus cruciale en immobilier: un emplacement stratégique. «Quand Air Canada a quitté l'immeuble, plusieurs étages ont été libérés et repris par des bureaux d'avocats, car cet édifice est bien situé, dit Charles R. Spector de Fraser Milner Casgrain. Il est à proximité du palais de justice et de nos clients.»

«C'est probablement l'espace le plus central au coeur du centre-ville, ajoute Jean Laurin, président et chef de la direction de la firme immobilière Newmark Knight Frank Devencore. C'est aussi là qu'on trouve la plus grande gamme de services, et on peut y prendre le train sans même sortir dehors.»

Selon M. Laurin, la PVM est l'un des quatre immeubles de bureaux du centre-ville dans la catégorie AAA, aux côtés du 1501, McGill College, du 1000 De La Gauchetière et du 1250, René-Lévesque Ouest. La firme CBRE, pour sa part, n'attribue pas la cote AAA à la Place Ville-Marie en raison de son âge élevé (A).

La Place Ville-Marie en chiffres 

47 étages

32 ascenseurs

Inauguration: 13 septembre 1962

Architectes: I.M. Pei et Henry N. Cobb

10 000personnes y travaillent