Le cours d'éthique et de culture religieuse serait à l'origine des déboires de la maison d'édition Fides, qui a annoncé mardi s'être placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité.

Annie Mathieu LA PRESSE CANADIENNE

C'est du moins ce qu'a affirmé le directeur de l'entreprise, Michel Maillé. «On a pensé, à l'époque, que c'était une bonne idée de produire du matériel pour ce cours. (...) Pour toutes sortes de raison, cela s'est avéré très décevant, l'investissement a été très lourd et les retombées ont été minimes», a-t-il expliqué.

Ainsi, la maison d'édition a investi 1,5 million de dollars dans la production de manuels et de guides pour le cours enseigné dans les écoles primaires et secondaires de la province.

Cependant, la concurrence d'autres maisons d'édition et les critiques formulées envers le cours par le milieu de l'enseignement et les parents d'élèves ont nui aux ventes dans les écoles, ce qui a empêché Fides de récupérer sa mise. «Je pense qu'il y a beaucoup d'écoles qui hésitent à faire des achats sans trop savoir ce qu'il va advenir du programme (d'éthique et de culture religieuse)», a ajouté M. Maillé.

Fides devra présenter d'ici le 30 août un plan de restructuration à ses créanciers, pour indiquer comment elle compte redresser ses finances. Un délai peut être accordé, advenant que le plan de redressement de l'entreprise ne soit pas tout à fait au point.

L'éditeur avait annoncé à la fin du mois de juin le licenciement de 13 employés. Ceux-ci quitteront leurs fonctions le 30 août prochain, après le préavis de huit semaines exigé par la loi, a indiqué M. Maillé, précisant qu'ils travaillent dans tous les secteurs d'activités de l'entreprise.

M. Maillé a, par ailleurs, bon espoir de s'entendre avec d'autres entreprises du secteur de l'édition pour assurer l'avenir de l'entreprise. Il a notamment indiqué être en pourparlers avec quatre éditeurs, mais n'a pas voulu préciser lesquels.

«Le milieu nous a manifesté énormément de sympathie mais au-delà de la sympathie, on va trouver l'appui nécessaire pour assurer l'avenir de Fides», a assuré, optimiste, M. Maillé.

Fides, qui emploie présentement 21 personnes, est l'une des plus importantes maisons d'édition au Québec. Elle a été fondée en 1937 par le père Paul-Aimé Martin.