Les bonis versés aux employés de la Société des alcools du Québec (SAQ) ont grimpé de 134% en cinq ans. Ils sont passés de 3,4 millions en 2005 à plus de 8 millions en 2009.

Patrice Bergeron LA PRESSE CANADIENNE

En commission parlementaire sur l'étude des crédits du ministère des Finances, vendredi, le député adéquiste de Shefford, François Bonnardel, a déploré qu'en comparaison, les revenus de la SAQ n'ont augmenté que d'environ 20% durant cette période.

Pas moins de 2060 employés de la SAQ sont admissibles au programme de bonification, sur un total d'un peu plus de 7000 personnes.

Le grand patron de la SAQ, Philippe Duval, a fait valoir qu'en dépit de sa situation de monopole, la société d'État est une entreprise de vente au détail qui doit rivaliser pour glaner le budget «discrétionnaire» des consommateurs, consacrés aux spectacles, aux CD, etc.

Il a souligné que sa part de marché dans ce secteur «discrétionnaire» a connu une croissance de 17%, tandis que ses ventes nettes ont progressé de 41%.

La SAQ se rabat aussi sur le fait qu'elle a livré au gouvernement un dividende de 806 millions pour 2009.

Le porte-parole péquiste en matière de Finances, Nicolas Marceau, a pour sa part soulevé que pas moins de 90% des directeurs de succursales de la SAQ ont touché des bonis en 2009. La somme totale des primes versées aux 414 directeurs de succursales l'an dernier équivaut à 2,8 millions.

Selon M. Marceau, la prime devient pratiquement un salaire régulier quand la quasi totalité des directeurs la reçoivent.

Même si le député reconnaît que les bonis sont versés en fonction de critères rigoureux, il aurait fallu tenir compte, selon lui, de l'état des finances publiques et des sacrifices qui sont demandés aux contribuables québécois.

M. Duval a tenu à préciser que seulement 51% des directeurs ont obtenu leur boni maximal l'an dernier.

Ces primes peuvent varier d'un maximum de 5600 $ à 11 700 $, en fonction des trois classes de directeur concernées.

L'administration Charest s'était engagée dans son dernier budget à éliminer les bonis versés dans l'appareil gouvernemental et au sein des sociétés d'État, sauf celles qui sont dites à vocation commerciale, comme Hydro-Québec, la Caisse de dépôt et la SAQ.

Toutefois, il a fait machine arrière et déposera prochainement un projet de loi qui forcera aussi ces sociétés à vocation commerciale à réduire leur programme de bonification.