Les pertes historiques de la Caisse de dépôt et placement (CDP) en 2008 vont «amener une pression à la hausse» sur les cotisations que paient les employeurs à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), a afirmé ajourd'hui le président de cet organisme, Luc Meunier.

Denis Lessard
Denis Lessard LA PRESSE

La CSST, déposant de la Caisse de dépôt, a vu son fonds de réserve rétrécir de 11 à 8 milliards de dollars, conséquence des résultats de la Caisse de dépôt en 2008, a indiqué M. Meunier devant la commission parlementaire chargée de lever le voile sur les causes du dérapage de 40 milliards de dollars à la CDP, l'an dernier.

Le rendement du fonds de la CSST pour 2008 est de moins 26 %, six points plus bas que les résultats qui auraient été obtenus si la CSST s'était contentée de viser la hausse moyenne du marché, l'indice boursier. L'année précédente, le rendement du fonds de la caisse avait été de plus 6 %.

«Un rendement négatif amène une pression à la hausse (sur les cotisations)» d'expliquer M. Meunier, maintes fois relancé sur l'avenir des cotisations. Le conseil d'administration paritaire de la CSST a été saisi de quatre «scénarios» où les cotisations passent de 2,10 $ à 2,52 $ du 100 dollars de salaire. Il reviendra au conseil de choisir le scénario, selon le rythme souhaité de redressement de situation.

M. Meunier a refusé de s'en prendre à la direction de la CDP, même si son organisme n'a appris qu'en août 2007 que la Caisse avait en sa possession 775 millions de dollars de papiers commerciaux adossés à des actifs, pour lesquels des pertes potentielles de 242 millions de dollars ont dû être inscrites au bilan de l'organisme. Même si la CSST a le pouvoir de choisir ce que contient son portefeuille, elle n'avait jamais été informée qu'elle détenait des papiers commerciaux avant que ceux-ci fassent défaut sur le marché des liquidités.

Les mauvais résultats de 2008 ont ramené de 99% à 70% le niveau de capitalisation du régime d'assurance, une mauvaise nouvelle, mais qui doit être mise en contexte, a insisté M. Meunier. Au début des années 1990, le niveau de capitalisation avait connu un creux historique de 54%.