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La Caisse a risqué davantage que ses rivales

(Montréal) Correctif : Dans la version papier de ce matin, il est écrit que la Caisse a emprunté trois fois plus que Teachers avec la technique du REPO, soit 23,6% de son actif net en 2007 contre 7,3% pour Teachers, ce qui est inexact. Le chiffre pour Teachers est plutôt de 21,3% en 2007. Sur cinq ans, la moyenne est de 22,3% pour la Caisse, contre 15,8% pour Teachers et 10,6% pour Omers. En 2008, Teachers a dépassé la Caisse pour la première fois depuis 2003, avec 23,5% de son actif net contre 19,8%. Voici la version corrigée:

Emprunter pour faire de l'argent n'est pas rare dans le monde du placement, mais la technique peut être risquée. Or, à la Caisse de dépôt et placement, il appert que la direction ait été un peu plus téméraire qu'ailleurs à cet égard ces dernières années.

Toute proportion gardée, la Caisse a emprunté plus que sa rivale ontarienne Teachers pour bonifier son rendement depuis cinq ans, selon les chiffres colligés par La Presse Affaires. La Caisse a également emprunté plus qu'une autre grande concurrente ontarienne, OMERS.

Teachers et OMERS sont respectivement les caisses de retraite des enseignants et des employés municipaux de l'Ontario. Comme la Caisse, ces institutions utilisent généralement une technique d'emprunt à bas coût appelé REPO. Essentiellement, elles hypothèquent leurs titres boursiers ou obligataires, comme ce serait le cas d'une maison, et obtiennent de l'argent comptant en échange, qui est réinvesti.

À la Caisse, l'ensemble des portefeuilles avait 36,6 milliards de dollars de REPO à la fin de 2007, un sommet. Cette somme représentait plus de 23% de l'actif net. En comparaison, le fonds Teachers en avait pour 23,1 milliards milliards au même moment, soit 21,3% de son actif net. Et dans le cas de Omers, le taux est de 12,9% de l'actif net.

Sur cinq ans, la moyenne est de 22,3% pour la Caisse, contre 15,8% pour Teachers et 10,6% pour Omers. En 2008, Teachers a toutefois dépassé la Caisse pour la première fois depuis 2003 (23,5% de l'actif net contre 19,8%).

Pour certains, cette activité d'emprunt REPO est courante chez les organismes de gestion de fonds. Le site internet Wikipedia affirme qu'il s'agit d'un instrument important du marché monétaire, notamment utilisé par les assureurs et les organismes de gestion de fonds, comme la Caisse.

Mais pour d'autres, la technique REPO est un instrument risqué dont il ne faut pas abuser. «C'est risqué d'emprunter et de racheter des instruments de marché monétaire par la suite avec cet argent. Essentiellement, c'est une façon de faire du levier. Tout va bien quand les taux d'intérêt ne varient pas beaucoup. Mais la minute où les taux changent, l'institution est frappée des deux côtés : sur son investisssement dans le marché monétaire d'un côté et sur son collatéral de l'autre», nous dit Lars Stentoft, professeur de finance à HEC Montréal.

Denis Durand, associé principal de Jarislowski Fraser, affirme que 95% des caisses de retraite dans le marché s'interdisent d'emprunter pour faire du placement. L'homme connaît le tabac : environ 55% de l'actif sous gestion de Jarislowski Fraser (42 milliards) vient de caisses de retraite.

«On a fait des prêts de titres (REPO) pour nos clients, mais pas à grande échelle», dit-il.

Essentiellement, le gestionnaire de fonds prêtait les titres de ses clients, avec leur autorisation, et recevait en échange des bons du trésor à 105% de la valeur des titres prêtés. L'argent n'était pas réinvesti dans le marché monétaire par la suite. «On a cessé au printemps 2008, de crainte qu'il y ait des délais dans le retour des titres en raison des difficultés des banques», nous dit M. Durand.

Le professeur de comptabilité Michel Magnan, de l'Université de Concordia, a jeté un coup d'oeil aux états financiers de la Caisse. «Le bilan ressemble un peu à celui d'une banque d'investissement. L'emprunt pour investir est une stratégie plus agressive que celle utilisée traditionnellement par une caisse de retraite en matière de liquidités», dit-il.

La Caisse a investi une partie des fonds empruntés dans du papier commercial, a appris La Presse Affaires. Or, tout indique que lorsque les investissements dans le papier commercial ont gelé, en août 2007, l'institution a dû trouver des milliards de dollars de nouveaux fonds ailleurs pour rembourser la contrepartie à l'emprunt REPO.

Réplique de la Caisse

À la Caisse, on ne nie pas avoir emprunté des fonds avec la technique du REPO. On admet aussi que cet argent ait servi à acheter du papier commercial. Mais on estime qu'il ne s'agit pas d'une activité risquée.

«Cette activité n'est ni nouvelle ni inédite : cela fait longtemps que la Caisse utilise le prêt de titres pour créer des liquidités supplémentaires ou mener des activités d'arbitrage sur les taux et la plupart des grands investisseurs le font aussi», nous indique le porte-parole Maxime Chagnon, par voie de communiqué.

«Le fait de prêter des titres et de l'investir dans des titres du marché monétaire n'est pas une activité à haut risque puisqu'on conserve cela en liquidité. On n'investit pas ces sommes à long terme dans des immeubles ou du placement privé ou même à la bourse, mais à court terme dans les marchés monétaires.

«Le PCAA était alors considéré comme un instrument sûr et une partie des liquidités a été utilisée pour en acheter», écrit-il.




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