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Intrawest en terrain glissant

De l'avis même de son président, la société Intrawest - qui gère la station Mont Tremblant - éprouve de nouveau des difficultés financières. À tel point qu'elle pourrait être contrainte de larguer des actifs, dont certains à son importante station des Laurentides.

«Intrawest est en mode survie face aux défis de la situation économique mondiale. Nous devons examiner toutes les possibilités pour réduire notre dette, y compris la revente de certains actifs», a confirmé son chef de la direction, Bill Jensen, lors d'une conférence au Colorado, plus tôt cette semaine.

Rumeurs de vente

M. Jensen répondait ainsi aux questions de journalistes locaux à propos des rumeurs de revente de la station Copper Mountain, propriété d'Intrawest au Colorado.

Mais après avoir nié cette rumeur, qualifiant Copper Mountain «d'actif-clé» pour Intrawest,

Bill Jensen a enchaîné en mentionnant que «des actifs au Québec» étaient, eux, l'objet d'une révision particulière.

Il a souligné la possibilité de devoir revendre certains actifs. Il a aussi mentionné la possibilité d'un délestage partiel dans le cadre d'une «restructuration financière indépendante» des actifs au Québec.

Invité à préciser ses propos, Bill Jensen n'a pu répondre à la requête de La Presse Affaires, mercredi, étant déjà rendu en Europe pour affaires.

Mais au siège social d'Intrawest à Vancouver, son porte-parole médiatique, Ian Galbraith, a confirmé que «nous continuons d'avoir des discussions constructives avec nos détenteurs (de titres) de dette à propos du refinancement de nos emprunts à terme».

Entre-temps, a-t-il soutenu, Intrawest n'anticipe «aucun impact de l'issue de ces discussions sur ses activités d'affaires quotidiennes et ses services à la clientèle de ses stations de ski et centres de villégiature».

D'ailleurs, dans la région de Mont-Tremblant, cet autre épisode de stress financier chez Intrawest ne semble pas inquiéter outre mesure.

«Ça fait deux ans que nous nous préparons à une conjoncture moins favorable, après des années de développement accéléré. Et là, ça se produit. Nos membres commerçants font état d'un net ralentissement en mars, après des mois de janvier et février encore bons», a commenté Mireille Bisson, présidente de la chambre de commerce de Mont-Tremblant.

À la station Tremblant, le principal dirigeant délégué d'Intrawest, Charles Massicotte, a décliné l'invitation à donner plus de détails à La Presse Affaires.

Mais sa porte-parole, Annick Marseille, a indiqué par courriel que «comme toutes les entreprises, Intrawest n'échappe pas au contexte économique actuel et suit la situation de près».

N'empêche, pour les employés et les fournisseurs de Tremblant, un autre épisode de révision de dépenses et d'actifs par Intrawest aurait certains airs de déjà-vu.

Il y a moins de deux ans, à l'automne 2007, peu après la mise en chantier du Versant Soleil, Intrawest avait sabré sa principale filiale immobilière, Intrawest Placemaking.

Son effectif de 300 personnes fut réduit des deux tiers et plusieurs bureaux fermés, dont celui du centre-ville de Montréal, fusionné à l'administration de Tremblant.

Par ailleurs, cet autre épisode de péril financier chez Intrawest survient au moment où les dirigeants de la station Tremblant font la promotion de l'ouverture du casino, le 24 juin, afin de poursuivre le projet immobilier des versants Soleil et Nord.

Ces phases finales de Tremblant, lancées en grande pompe en 2004 grâce à 95 millions de dollars de subventions d'Ottawa et de Québec, prévoyaient des immobilisations d'un milliard en 10 ans.

Le projet d'origine ciblait la construction de 3000 unités d'hébergement (condos, hôtels), l'expansion du domaine skiable de 600 à 1000 acres et la hausse de capacité de 12 000 à 20 000 skieurs par jour.

Mais depuis, Intrawest a été la cible en 2006 d'un rachat par endettement de 2,8 milliards US par un gestionnaire américain de fonds spéculatifs, Fortress Investment, aujourd'hui très fragilisé par la culbute boursière.

De plus, en octobre dernier, au pire de la crise financière, Intrawest avait dû refinancer à grands frais une dette de 1,4 milliard US découlant de son rachat de 2006.

Six mois plus tard, en dépit d'une saison de ski dite « bonne » dans ses stations dans le contexte d'une récession, Intrawest se retrouve de nouveau en stress financier extrême.




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