Ligne 1-888 pour les entreprises en difficulté, aide financière aux travailleurs licenciés, programmes généreux de formation: c'est plus d'un demi-milliard de dollars d'argent neuf que s'engage à dépenser le gouvernement Charest dans les deux prochaines années pour contrer la crise.

Karim Benessaieh
Karim Benessaieh LA PRESSE

«Je ne connais aucun endroit en Amérique du Nord où il y a un effort aussi important, et ce n'est pas qu'une question d'argent, a déclaré le premier ministre Jean Charest en point de presse à Dorval ce matin. C'est du jamais vu, ce sont des mesures innovatrices et agressives pour combler nos besoins au Québec.»Le programme annoncé ce matin dans une usine du parc industriel de Dorval, le Pacte pour l'emploi Plus, est en fait un ajout à un programme dévoilé en mars 2008. Ironiquement, ce Pacte pour l'emploi première mouture était alors destiné à contrer la pénurie de main-d'oeuvre au Québec.

Un an plus tard, c'est le chômage qui est devenu le fléau. Le Pacte pour l'emploi Plus contient une série de mesures visant à venir en aide aux travailleurs victimes de licenciements collectifs. Ils voient leurs prestations prolongées s'ils participent à des programmes de formation et ont droit, pour un maximum de deux ans, à une aide financière de dernier recours après cette étape.

Contrairement à l'aide sociale, ils ne se verront pas obligés de liquider leurs actifs pour y avoir droit. Ces mesures coûteront 18,9 millions.

L'autre grand volet, c'est l'aide aux entreprises en difficulté. Celles-ci pourront appeler au 1-888-EMPLOIS et avoir droit à l'aide d'«équipes tactiques» du gouvernement pour cibler leurs besoins.

Un programme baptisé Soutien aux entreprises à risque de ralentissement économique (SERRÉ) permettra de diminuer les heures de travail tout en recevant une compensation pour la formation. Cette formule est déjà utilisée auprès de 10 000 travailleurs. La contribution maximale d'Emploi Québec passera de 50 à 75% des coûts de formation.

Le Ministère embauchera 180 fonctionnaires pour assumer ces nouvelles responsabilités. Des 518 millions que coûtera le programme Pacte pour l'emploi Plus, on s'attend à ce que 400 millions proviennent du fédéral, dans le cadre d'annonces déjà faites à Ottawa fin janvier.

Ce demi-milliard était déjà annoncé dans le budget dévoilé par Monique Jérôme-Forget jeudi dernier. «Depuis le temps qu'on demande au fédéral de faire sa part... On va chercher l'argent qui nous revient», a plaidé Jean Charest.