Le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, veut miser sur l'histoire et la notoriété du Canadien pour promouvoir et projeter l'image de marque de Montréal.

Mis à jour le 21 févr. 2009
Hugo Fontaine
Hugo Fontaine LA PRESSE

Le ministre a lancé cette idée dans un discours devant la chambre de commerce du Montréal métropolitain, quelques heures après que La Presse eut révélé que trois joueurs des Glorieux entretiennent des liens avec un présumé membre du crime organisé.

 

Les 900 invités ont bien ri, puis M. Bachand a repris la balle au bond. «Ce n'est pas parce qu'un joueur fait une faute qu'il faut oublier 100 ans d'histoire.»

En plus d'assurer des retombées économiques importantes, particulièrement en séries éliminatoires, le Canadien est l'une des premiers éléments que les étrangers associent à la ville, a rappelé le ministre.

«Est-ce qu'on fait le meilleur maillage promotionnel possible de cette légende contemporaine que représente les Canadiens de Montréal? Peut-on la rendre plus performante pour Montréal?»

En point de presse, M. Bachand a donné l'exemple du spectacle de l'OSM sur les Glorieux pour illustrer le maillage promotionnel.

La mise à profit du Tricolore fait partie d'une série de projets que le ministre responsable de la région de Montréal a proposé pour redynamiser la ville qui a perdu son très profitable Grand Prix de F1.

Il envisage ainsi la création d'un festival de cirque dans les rues et la revitalisation du Montréal souterrain. Il songe aussi à faire de la coupole de l'oratoire Saint-Joseph un observatoire de la ville.

«À Montréal, nous avons toutes les forces, toute la créativité, toutes les compétences, a-t-il dit en point de presse. Il suffit de les harnacher pour construire une stratégie pour Montréal. C'est en marche, mais le branding n'est pas véhiculé positivement.»

Crise: appel à la solidarité

Durant son allocution, le ministre a bien sûr fait mention de la crise économique, cet «ouragan de force 5 qui n'était encore qu'une tempête tropicale au début de l'automne».

«Personne n'avait prévu la force et la rapidité de la détérioration économique de la fin de l'année», a ajouté le député d'Outremont.

Il a lancé un appel à la solidarité, tant aux milieux d'affaires que gouvernemental ou social. «Il y a pour moi une certitude: nous entrons dans cette crise ensemble et nous en sortirons ensemble.»

Rappelant des problèmes de liquidités des entreprises, il a souligné que le gouvernement avait dégagé 2 milliards pour l'aide financière aux entreprises via le programme Renfort (prêts et garanties de prêt) et la Société générale de financement (SGF).

Le ministre a laissé entendre qu'il n'y aurait pas de concessions fiscales pour les entreprises dans le prochain budget. «Nous avons un système de fiscalité parmi les plus compétitifs pour les PME. La demande que j'ai de l'ensemble des entreprises ne porte pas sur la fiscalité, mais vraiment sur le financement et le crédit.»

Le ministre a également demandé aux entreprises de garder le cap sur l'an prochain. «Même s'il faut faire des mises à pied, il faut protéger la recherche et développement et faire des investissements pour l'équipement pour être plus forts au moment de la reprise.»