Industrie de la publicité: le Québec perd du terrain

«Depuis 1999, 30% [des sièges sociaux] ont quitté... (PHOTO ANNE GAUTHIER, ARCHIVES LA PRESSE)

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«Depuis 1999, 30% [des sièges sociaux] ont quitté le Québec, précise Alain Tadros, président du conseil de l'A2C et président de l'agence Publicis Montréal. Ça a un impact.»

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Le Québec ne représente plus que 20% des emplois du total des emplois de l'industrie des communications et du marketing au Canada, contrairement à 24% en 2010. Au même moment, la part de l'Ontario a crû de 58% à 62%, pour s'établir à 32 000 emplois.

Au moment où l'industrie des communications et du marketing cherche à se réinventer, une étude confirme une baisse du pourcentage d'emplois émanant de ce secteur au Québec, au profit de l'Ontario. Depuis 2010, le nombre d'emplois dans le secteur de la publicité et des services connexes stagne (- 0,2%). Il était de 10 400 en 2014, selon une étude de Raymond Chabot Grant Thornton dont les résultats sont dévoilés, ce matin, par l'Association des agences de communication créative (A2C - anciennement l'Association des agences de publicité du Québec).

Moins de sièges sociaux

Le départ de sièges sociaux vers l'Ontario explique en partie cette baisse. De 2009 à 2012, leur nombre dans la Région métropolitaine de recensement de Montréal est passé de 131 à 94.

«Depuis 1999, 30% ont quitté le Québec, précise Alain Tadros, président du conseil de l'A2C et président de l'agence Publicis Montréal. Ça a un impact. On note un déplacement des revenus des agences de 3,9% [soit 9 millions de dollars] vers l'Ontario.»

Revenus publicitaires stables

Évalués à 1,7 milliard, les revenus du secteur de la publicité (+ 0,4%), des relations publiques et des secteurs connexes sont toutefois stables. «Certains budgets ont augmenté au Québec et les agences sont aussi allées chercher des clients dans le reste du monde», explique Dominique Villeneuve, directrice générale de l'A2C.

«L'industrie de la communication marketing représente tout de même des investissements annuels estimés à 5,9 milliards et génère des retombées économiques de 783 millions de dollars», résume Pierre Fortin, associé de Raymond Chabot Grant Thornton.

Masse salariale réduite

Si les cachets versés aux pigistes ont crû de 5,9%, de 2013 à 2014, la masse salariale et les avantages sociaux versés par les 731 agences au Québec ont cependant diminué de 10,7%.

Par ailleurs, le nombre des pubs produites par les maisons de production québécoises a diminué en moyenne de 10,8% par année, de 2012 à 2014.

Des publicitaires bien payés

Élément réjouissant selon l'A2C, le salaire moyen des gens qui travaillent dans l'industrie québécoise de la pub se situe à 72 319$. Le nombre d'emplois générés par cette industrie aussi est considérable. «C'est une industrie prospère avec une main-d'oeuvre éduquée, note Dominique Villeneuve. Par ailleurs, notre contribution sur le plan de la culture est réelle, soit 50 millions de dollars versés en salaire. C'est la deuxième source de revenus des artistes avec 30 000 cachets versés à plus de 3500 artistes en 2014.»

Une industrie en transformation

Dominique Villeneuve rappelle tout de même que l'industrie «vit de grandes transformations», tant dans la manière de façonner des campagnes marketing que de faire du placement média. «Ce qui s'inscrit dans une dynamique mondiale, souligne-t-elle. Depuis 2014, le numérique est le premier média où les annonceurs investissent. Ça apporte de nouveaux métiers. La transformation ne se vit pas juste sur le plan des annonceurs.»

Une école de la créativité

De 2012 à 2014, les investissements publicitaires dans les médias numériques ont gonflé de 21,5%, tandis que ceux en télévision ont fléchi de 7,5%, dans les magazines, de 16%, et dans les quotidiens, de 14%.

Dans cette optique, l'A2C aimerait implanter une école de la créativité d'ici à 2017 «en collaboration avec les industries créatives (architecture, design, jeux vidéo...)», précise Dominique Villeneuve.

«Là, on ne parle plus de virage, on est dedans!, lance Alain Tadros. Les métiers sont différents et la formation est essentielle. Les autres marchés dans le monde le vivent aussi.»




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