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Jacques Bouchard: Monsieur Publicité

Jacques Bouchard a fondé la première grande agence publicitaire entièrement... (PHOTO FOURNIE PAR L'ÉDITEUR)

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Jacques Bouchard a fondé la première grande agence publicitaire entièrement québécoise.

PHOTO FOURNIE PAR L'ÉDITEUR

Il a pondu les slogans «Mon bikini, ma brosse à dents», «Pop-sac-à-vie-sau-sec-fi-co-pin», «Qu'est-ce qui fait chanter les p'tits Simard?» et «On est six millions, faut se parler».

Mais il a surtout créé BCP, en 1963, à une époque où les entreprises d'ailleurs traduisaient systématiquement et simplement leurs pubs pour le Québec.

En ouvrant la première agence de publicité entièrement québécoise, Jacques Bouchard allait en même temps contribuer à l'essor économique de la province. «Et être un des artisans majeurs de la Révolution tranquille», estime Marie-Claude Ducas, qui signe la biographie Jacques Bouchard: Le créateur de la publicité québécoise, aux éditions Québec Amérique.

«C'est quelqu'un de majeur pour la société. Plein de choses ont émergé, à cette époque: les grands outils de l'État, le dynamisme culturel et le Québec inc. Et la pub était au centre de tout ça. Jacques Bouchard a alimenté le Québec inc. et s'est nourri de ça. Qu'on pense aussi à tous les artistes qu'il a mis dans ses pubs et à tous les réalisateurs et musiciens qu'il engageait.»

De 1930 à 2006, années de naissance et de mort de Jacques Bouchard, Marie-Claude Ducas passe en revue la vie d'un pilier de l'industrie, mais raconte aussi une certaine histoire économique, sociale et culturelle de la province. Politique également, BCP ayant signé plusieurs campagnes électorales pour Pierre Elliott Trudeau. À coup de slogans et de discours sociaux, celui qui a écrit «Les 36 cordes sensibles des Québécois» d'après leurs six racines vitales est devenu une figure emblématique au charisme qui séduisait même les Échos vedettes et TV Hebdo!

«C'était une sorte de vedette, note Marie-Claude Ducas. À l'époque, il était connu et se positionnait sur des enjeux du Québec, sans jamais se prétendre sociologue, toutefois. C'était un grand communicateur qui se faisait sa propre pub. Il savait quoi mettre de l'avant.»

Message spécifique

Dirigeant d'une agence que d'aucuns qualifiaient de joyeusement bordélique, Jacques Bouchard osait, avec comme idée constante que les Québécois méritaient qu'on s'adresse à eux de façon spécifique. Sa croisade auprès de grandes entreprises lui a donné raison à de nombreuses reprises.

Si la croissance ne passe pas que par une bonne campagne de communication, Air Canada, par exemple, ne peut nier que les slogans publicitaires et la présence de Dominique Michel dans ses messages des années 70 ont fait décoller son marché des Caraïbes. Même chose pour Laura Secord et les peintures Sico, qui ont connu un intérêt démesuré pour leurs produits grâce à des campagnes et des slogans porteurs.

La journaliste Marie-Claude Ducas a travaillé sur la biographie de Bouchard pendant un an presque à temps plein, interviewant des acteurs de l'industrie, amis et membres de sa famille. «Il aurait été en vie que je l'aurais évidemment réquisitionné, je l'aurais requestionné sur certaines choses, comme je l'ai rencontré à la fin des années 80, raconte l'auteure. Mais en parlant à beaucoup de gens, je me suis trouvé à peut-être mieux le faire connaître. Son absence a été vite tempérée par des témoignages riches et des archives.»

«Mad Man» québécois

Encore en vie, cet as du slogan se baptiserait-il le «Mad Man» québécois? Sûrement, à lire à quel point Jacques Bouchard aimait raconter des histoires et construire des mythes sur sa personne et sur l'origine des campagnes de BCP. Et si la popularité de la série américaine et de Don Draper attirait sur la bio l'attention des gens qui ne sont pas forcément du milieu de la pub ou des écoles de communications?

«Quelque part, ça aide, pense Marie-Claude Ducas. Jacques Bouchard, Mad Man? C'est tellement vrai, mais c'est aussi plus que ça. Ça nous allume déjà sur le genre de folie et le stress qu'il pouvait y avoir dans les agences. Mais au fil des pages, on se rend compte à quel point Jacques Bouchard n'était pas désabusé.»




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