Peu importe la position de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) par rapport à la décision de l'Union européenne de bannir les produits du phoque, cette industrie est-elle entachée à jamais? Jean-Jacques Stréliski, professeur associé, chercheur à HEC Montréal et ancien publicitaire, se prononce.

Isabelle Massé LA PRESSE

«Depuis longtemps, c'est difficile de faire la part des choses. Les coups d'éclat, nuls à mon avis, des Brigitte Bardot et Paul McCartney, qui endossent des causes qu'ils ne comprennent pas vraiment, ont été construits, dit M. Stréliski. Mais c'est fort et c'est ce qui prend le dessus comme message. Qu'est-ce qui est vrai ou faux dans tout ça? Ça va donc être très difficile de revenir en arrière, surtout que le mouvement écologiste est très efficace.

«Définitivement, ça a fait du tort à l'industrie. Je comprends les pêcheurs qui gagnent leur vie avec cette industrie d'être en furie, car tout ça est fabriqué. Il n'y a rien d'authentique dans ces campagnes. Si on ne se fiait qu'à des rapports scientifiques, on n'en serait pas là.

«C'est politique aussi. Il y a les luttes d'intérêts et de pouvoir. Conséquence? Parfois, on se dit que ça ne vaut pas la peine de comprendre. Car vous et moi, on ne court pas tous les jours acheter des produits dérivés du phoque.»