La Chine, qui a entrepris l'année dernière de réduire certains impôts et taxes, va poursuivre dans cette voie en 2019, au bénéfice notamment des petites et micro entreprises, ont annoncé mardi des responsables officiels.

Mis à jour le 15 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

Alors que l'économie chinoise donnait des signes de ralentissement, les autorités ont privilégié en 2018 les mesures fiscales, pour un soutien à « l'économie réelle », plutôt qu'un plan d'investissements massifs.  

Lors de la grande conférence économique de décembre qui fixe les orientations à venir, les autorités, sous la houlette du président Xi Jinping, avaient annoncé davantage de réductions fiscales, a rappelé le ministre adjoint des Finances Xu Hongcai, lors d'une conférence de presse avec des responsables de la Commission nationale du développement et de la réforme et de la Banque centrale.

« Les politiques de réduction d'impôts et de taxes jouent en général un rôle important pour stimuler la vitalité du marché et réduire le fardeau des entreprises », a souligné M. Xu, en affirmant que ces réductions avaient représenté 1300 milliards de yuans l'année passée (167 milliards d'euros).

Ces réductions sont « un élément important d'une politique budgétaire active pour accroître l'efficacité » mais aussi « pour approfondir la réforme structurelle de l'offre et de la demande », a-t-il ajouté.

Le ministère des Finances va donc « rapidement étudier des réductions de plus grande ampleur [...] et promouvoir encore davantage le développement sain de l'économie réelle », a affirmé M. Xu.  

Ces futures baisses d'impôts vont notamment concerner l'industrie manufacturière ainsi que les petites et micro entreprises, qui seront par exemple dispensées de TVA en-dessous d'un certain seuil de chiffre d'affaires.

Les Bourses chinoises ont rebondi à la clôture, effaçant leurs fortes pertes de la veille après l'annonce de ces mesures de relance.

Plus largement, ce sont les marchés asiatiques qui ont bien accueilli les annonces chinoises et « cela devrait se traduire à l'ouverture des places européennes », prévoyait Michael Hewson, analyste de CMC Markets UK.

Francfort et Paris ont en effet évolué en hausse à l'ouverture, stimulées par la perspective des mesures chinoises.

Ces « mesures de soutien pour stabiliser l'économie chinoise en phase de ralentissement » ont « renforcé le sentiment, provoquant une hausse des marchés asiatiques », a confirmé Jasper Lawler, analyste de LCG Research (London Capital Group).  

Face au ralentissement de son économie, la Chine, fortement endettée, n'a pas opté pour un grand plan de relance à coups d'investissements comme elle l'avait fait par exemple pour endiguer la crise financière de 2008. Mais elle a annoncé en juillet son intention d'appliquer une politique budgétaire « plus active » pour doper l'économie.

Certains secteurs ont eu droit à une baisse d'un point de TVA et les contribuables bénéficient depuis cette année de déductions fiscales pour certaines dépenses (éducation, soins pour maladie grave, remboursement d'emprunt immobilier...) tandis que leur seuil d'imposition a été relevé, dans le but de stimuler la consommation des ménages.