Le géant américain Google a transféré en 2017 19,9 milliards d'euros (plus de 30,5 milliards de dollars canadiens) des Pays-Bas vers une société écran aux Bermudes, évitant à l'entreprise des milliards de dollars d'impôts, selon des documents officiels cités par le quotidien financier néerlandais FD.

Mis à jour le 4 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

Google, filiale d'Alphabet Inc., a ainsi transféré vers ce qui est considéré comme un paradis fiscal, 4 milliards de plus par rapport à 2016.

Ces chiffres sont issus des comptes annuels de la société basée aux Pays-Bas Google Netherlands Holding, déposés à la Chambre de commerce néerlandaise à la fin de l'année 2018.

La technique d'optimisation fiscale utilisée, composée du « Double Irish » (le « double Irlandais ») et du « Dutch Sandwich » (le « sandwich néerlandais »), consiste à transférer des revenus d'une filiale irlandaise vers une entreprise néerlandaise sans employé, et ensuite vers une boîte aux lettres aux Bermudes possédée par une autre société enregistrée en Irlande.

« Nous payons toutes les taxes que nous devons et nous conformons aux règles fiscales de tous les pays dans lesquels nous opérons à travers le monde », a indiqué Google dans un communiqué.

« Google, comme d'autres sociétés multinationales, s'acquitte de l'essentiel de ses impôts sur les bénéfices dans son pays d'origine et nous avons réglé un taux d'impôt effectif mondial de 26 % au cours des 10 dernières années », a ajouté le géant américain.

Google, mais aussi Apple, Facebook et Amazon - l'ensemble étant souvent désigné sous l'acronyme GAFA -, sont régulièrement accusés de pratiquer l'optimisation fiscale grâce à des montages financiers.

Ces entreprises transfèrent des bénéfices réalisés dans toute l'UE dans un seul État membre, comme l'Irlande ou le Luxembourg, où elles bénéficient d'un taux d'imposition avantageux.