Le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer a indiqué jeudi qu'un accord pourrait être trouvé en août sur la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna) qui unit les États-Unis au Canada et au Mexique.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«On cherche à conclure «les négociations» au cours du mois d'août et mon sentiment est que ce n'est pas une échéance déraisonnable si tout le monde veut que cela se fasse», a-t-il déclaré lors d'une audition au Sénat.

Plus tôt, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin avait lui-même indiqué que Washington espérait nouer «un accord de principe» prochainement.

Ces déclarations interviennent alors que le ministre mexicain des Affaires étrangères Luis Videgaray ainsi que le ministre mexicain de l'Economie Ildefonso Guajardo sont à Washington jeudi pour reprendre les discussions avec les représentants américains dont Rober Lighthizer.

Des membres de l'équipe du président élu mexicain Andres Manuel Lopez Obrador seront également présents en tant qu'observateurs.

De son côté, le gouvernement mexicain a indiqué qu'un accord concernant l'Aléna pourrait être trouvé d'ici la fin du mandat du président Enrique Pena Nieto prévue le 30 novembre.

Pour autant, la forme que l'accord pourrait prendre est incertain.

Mercredi le Mexique et le Canada ont réaffirmé leur volonté de maintenir le caractère trilatéral du traité malgré les menaces de Donald Trump d'opter pour des accords bilatéraux.

Mais jeudi, Steven Mnuchin a, lui, souligné que Donald Trump n'excluait toujours pas l'adoption d'accords bilatéraux États-Unis-Canada et États-Unis-Mexique.

Les tractations pour moderniser l'Aléna ont été entamées il y a près d'un an, mi-août 2017, à la demande de Donald Trump, qui juge cet accord responsable de la disparition de milliers d'emplois dans son pays, en particulier dans le secteur automobile.

Si les trois pays sont convenus que cet accord, en vigueur depuis 1994, avait besoin d'être modernisé, les tractations ont achoppé sur les exigences de l'administration Trump. Cette dernière veut notamment imposer une «clause crépusculaire» («sunset clause»), qui, tous les cinq ans, permettrait aux parties de mettre fin à l'accord.

La Maison-Blanche entend aussi augmenter considérablement la part des composants américains dans le secteur automobile.

Après sept sessions de discussions, les tractations s'étaient arrêtées mi-juin, à l'approche des élections mexicaines du 1er juillet.

Accord entre Washington et Bruxelles en vue

Mnuchin a également souligné jeudi que Washington et Bruxelles avaient l'intention de concrétiser un accord sur le commerce, soulignant que la priorité était de trouver une issue sur les taxes douanières sur l'acier et l'aluminium.

«Nous avons eu une longue session de négociation hier. Nous avons déterminé les contours d'un accord et désormais nous allons les transformer en un véritable accord», a-t-il déclaré sur la chaîne américaine CNBC au lendemain d'une rencontre entre le président américain Donald Trump et le chef de l'exécutif européen Jean-Claude Juncker.

Alors que l'Union européenne est depuis le 1er juin sous le coup de taxes douanières punitives américaines de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium - ce qui a mis le feu aux poudres entre Washington et Bruxelles -, le secrétaire américain des Finances a souligné que «le premier dossier» qui devait être réglé était précisément ces tarifs douaniers américains et les représailles européennes qui en ont découlé.

«La première phase est de résoudre immédiatement ces questions afin qu'il n'y ait pas de tarifs douaniers de part et d'autre sur ça», a-t-il ajouté.

«Les bases [d'un accord] sont posées et j'espère que nous résoudrons [ce dossier] rapidement», a-t-il également déclaré.

Steven Mnuchin a en outre confirmé qu'il n'y aurait pas de taxes douanières sur le secteur automobile européen pendant les négociations entre les États-Unis et l'Union européenne. La Maison-Blanche a en effet chargé fin mai son secrétaire du Commerce de déterminer l'opportunité d'imposer des taxes supplémentaires allant jusqu'à 25% sur les importations du secteur automobile.

MM. Trump et Juncker ont désamorcé mercredi la crise née des tarifs douaniers imposés par les États-Unis, annonçant une série de décisions dans l'agriculture, l'industrie et l'énergie.

Peu après, une source européenne a indiqué qu'aucun nouveau tarif douanier ne serait imposé sur les importations de voitures européennes aux États-Unis, un dossier particulièrement sensible pour l'Allemagne.